Une nouvelle plainte pour viol contre l'islamologue Tariq Ramadan

Une nouvelle plainte pour viol contre l'islamologue Tariq Ramadan

SOCIÉTÉ
JUSTICE - Une femme de 42 ans a déposé plainte jeudi 26 octobre pour viol contre l'islamologue et théologien suisse Tariq Ramadan. Le 20 octobre, Henda Ayari, militante féministe passée par le salafisme, avait déposé une première plainte contre lui.

C'est la deuxième plainte en une semaine contre l'islamologue Tariq Ramadan. Une femme de 42 a adressé, ce jeudi soir, par l'entremise de son avocat Eric Morain, une plainte pour viol au Parquet de Paris, selon une information du Parisien publiée vendredi, confirmée à l'AFP.


Après les poursuites engagées le 20 octobre, également pour viol, par Henda Ayari, ancienne salafiste devenue une militante féministe, cette seconde femme a adressé à la justice "un récit détaillé", selon son avocat, de ce qu'elle dit avoir subi de la part du médiatique universitaire suisse. "Elle attend sereinement de répondre aux enquêteurs et ne parlera plus", a précisé maître Eric Morain. 

Un récit d'une grande violence

Selon les éléments rapportés par Le Parisien, la plaignante décrit, comme l'avait fait avant elle Henda Ayari, des faits qui se seraient déroulés dans une chambre d'hôtel, en province, à l'automne 2009. Cette femme, convertie à l'islam et souffrant d'un handicap aux jambes, aurait rencontré le théologien, avec qui elle échangeait sur les réseaux sociaux depuis plusieurs mois, dans le hall de l'hôtel. Tariq Ramadan l'aurait invitée à aller boire un thé dans sa chambre pour poursuivre la conversation. 


Selon le témoignage de la plaignante, une fois dans la chambre, l'universitaire se serait jeté sur elle, lui administrant "de fortes claques au visage et sur le corps ainsi que des coups sur le ventre". "Toi tu m'as fait attendre, tu vas prendre cher", aurait alors lancé Tariq Ramadan, qui lui aurait ensuite imposé une fellation puis un acte sexuel "particulièrement violent". "Je ne comprenais rien, j'avais les larmes aux yeux", précise-t-elle dans sa lettre à la justice. "J'ai hurlé de douleur en criant stop." La plainte mentionne d'autres sévices d'ordre sexuel, notamment avec un objet, et une scène d'humiliation dans la salle de bains. La jeune femme aurait ensuite été contrainte de passer la nuit avec l'agresseur présumé, qui aurait accroché ses habits en hauteur pour l'empêcher de fuir. Elle indique disposer d'un certificat médical attestant notamment d'ecchymoses et de blessures, et continuer de vivre avec des séquelles, notamment psychologiques. 


L'avocat de Tariq Ramadan, maître Yassine Bouzrou, n'avait pas réagi ce vendredi soir. Il avait annoncé une plainte pour dénonciation calomnieuse après le premier témoignage, celui de Henda Ayari.

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D'autres témoignages à venir ?

L'avocat de la seconde plaignante a indiqué avoir reçu au cours des derniers jours plusieurs autres témoignages de victimes présumées se disant victimes de harcèlement, d'agression sexuelle ou même de viol dans des circonstances similaires, de la part du théologien. 


"Ce n'est qu'un début", a estimé la chroniqueuse Caroline Fourest sur son compte Twitter, après avoir apporté il y a quelques jours son soutien à Henda Ayari, indiquant dans un éditorial sur Marianne qu'elle était au courant depuis 2009 de ces faits mais qu'elle n'avait pas pu en parler, faute de plainte pour étayer son enquête.

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