Une réquisition au goût de victoire pour le viticulteur qui refusait les pesticides

Une réquisition au goût de victoire pour le viticulteur qui refusait les pesticides

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AGRICULTURE – Le tribunal correctionnel de Dijon a requis ce lundi une amende de 1000 euros, dont la moitié avec sursis, à l'encontre d'Emmanuel Giboulot, un viticulteur bio qui refusait de traiter aux pesticides ses parcelles de vigne.

Emmanuel Giboulot peut espérer échapper au pire. Ce viticulteur bio de Côte-d'Or qui refuse de traiter ses parcelles de vigne avec des pesticides , comme l'exige un arrêté préfectoral, était jugé ce lundi à Dijon. Alors qu'il encourrait une peine de 6 mois de prison assortie d'une amende de 30.000 euros, le tribunal correctionnel a requis une amende de 1000 euros, dont 500 avec sursis. La décision a été mise en délibéré au 7 avril.

Emmanuel Giboulot "a commis une infraction pénale. Il n'a pas respecté par choix idéologique l'arrêté préfectoral" qui imposait de traiter toutes les vignes de Côte-d'Or contre la flavescence dorée, a estimé la représentante du parquet, Jeanne Delatronchette.

Seul contre tous

Viticulteur en biodynamie depuis les années 1970, Emmanuel Giboulot refuse, contre un arrêté préfectoral de juin 2013, de traiter préventivement les dix hectares qu'il exploite contre la cicadelle, un insecte porteur de la flavescence dorée, une maladie très contagieuse et mortelle pour la vigne. Il dénonce en outre les effets toxiques de la pyréthrine, le pesticide naturel recommandé par les autorités.

"Ce qui compte, c'est qu'il y ait une condamnation", a commenté pour sa part Jean-Roch Gaillet, directeur régional de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt (Draaf) de Bourgogne, à l'annonce des réquisitions. Il a en outre souligné qu'Emmanuel Giboulot, qui bénéficie néanmoins d'un important soutien sur Internet, est le seul producteur de Saône-et-Loire et de Côte-d'Or, y compris dans la filière bio, à ne pas avoir traité ses vignes. 

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