Réforme de l'université : la reprise de l'occupation votée à Sciences Po Paris, une quinzaine de sites perturbés

SOCIAL - La protestation contre la loi réformant l'accès à l'université gagne du terrain. Mercredi matin, l'accès principal de Sciences Po Paris a été fermé. Ce jeudi, l'accès principal à Sciences Po Lille a été à son tour bloqué. Les étudiants de la faculté de Nanterre ont voté la poursuite du blocage jusqu'au 2 mai.

Alors que le mouvement de protestation se poursuit dans les universités, le ministre de l'Intérieur a affiché sa fermeté. "L'Etat de droit" sera rétabli "partout" et "en particulier dans les facultés" "où une minorité empêche les étudiants de passer leurs examens", a déclaré mercredi Gérard Collomb à l'Assemblée nationale, lors des questions au gouvernement.


Quatre universités sont totalement à l'arrêt et une dizaine de sites perturbés (sur quelque 400) par des étudiants opposés à la loi réformant l'accès à l'université, accusée d'instaurer une "sélection" déguisée.

Blocage reconduit à Nanterre

Après une assemblée générale, les étudiants ont voté la poursuite du blocage de la Faculté de Nanterre jusqu'au 2 mai prochain, selon nos confrères de l'AFP.

Plus d'un millier d'étudiants ont voté pour la poursuite de la grève et 342 ont voté contre, selon le décompte des organisateurs de l'AG. Haut lieu de la contestation étudiante en Mai-68, l'établissement est paralysé depuis lundi en pleine semaine de partiels, et fait partie des quatre universités actuellement totalement bloquées en France.

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L'université de Nanterre bloquée, les examens reportés

Blocages à Sciences Po Paris et Lille

L'accès principal de Sciences Po Paris était fermé mercredi matin sur décision de la direction en raison de l'occupation d'une partie de l'établissement par plusieurs dizaines d'étudiants de l'école en solidarité avec le mouvement de protestation. Jeudi soir, la reprise du blocage a été votée en assemblée générale même si 6400 étudiants de l'école s'étaient auparavant majoritairement prononcés contre cette action par un vote électronique.

Ce jeudi matin, comme l'indique France Info, Sciences Po Lille a à son tour été bloqué par des étudiants. Sur les réseaux sociaux, des photos montrent notamment des poubelles bloquant l'entrée principale de la prestigieuse école. "Darmanin est sorti de notre école, nous ne voulons pas non plus finir comme lui", peut-on lire sur des banderoles.

Sciences Po Rennes est également fermé ce jeudi, a fait savoir la direction : "Nous avons toujours un amphithéâtre occupé, l'établissement est bloqué, les personnels ne pouvaient pas accéder à leur bureau, nous avons donc décidé de fermer pour la journée", a déclaré à l'AFP Marion Turbiez-Miquel, en charge de la communication à l'Institut d’Études Politiques (IEP).

Blocage total voté à Metz

Des étudiants réunis en Assemblée générale ont voté ce jeudi le blocage complet du campus de Saulcy, alors que seuls deux bâtiments étaient jusqu'ici bloqués. Les contestataires appellent à boycotter la consultation électronique organisée par la direction de l'université sur le blocage de la faculté, qu'ils jugent "illégitime", rapportent nos confrères de France Bleu Lorraine Nord.

Ordre d'évacuation à Montpellier

Alors que l'université Paul-Valéry de Montpellier est bloquée depuis mi-février, le tribunal administratif a ordonné mercredi aux occupants de "libérer les lieux sans délai". Il a par ailleurs confirmé que certains examens pourraient se dérouler à distance, en rejetant une demande de suspension d'une décision de la présidence prise dans ce sens.  

Une situation "préinsurrectionnelle" à Tolbiac

Figure de proue du mouvement, Tolbiac est occupé depuis le 26 mars par des étudiants et des militants. Qualifiant la situation de "préinsurrectionnelle" et craignant "le pire", le président a affirmé "attendre désespérément que le centre soit évacué" par les forces de l'ordre - comme ce fut le cas à la Sorbonne. Le président de Rennes 2 est lui aussi monté au créneau ce mardi, n'excluant pas un recours à la force.

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Macron : "Ce ne sont pas des étudiants mais des agitateurs professionnels"

"Blocage reconductible" à Strasbourg

À Strasbourg, une assemblée générale de quelque 600 étudiants a voté à la majorité "le blocage reconductible de tous les bâtiments de l'université" à partir de mardi. À Nancy, où le campus Lettres et sciences humaines est bloqué depuis le 22 mars, "tous les cours sont arrêtés", a indiqué l'université de Lorraine. À Metz, les étudiants ont voté le blocage de deux bâtiments (Arts, lettres et langues ; Sciences humaines et sociales). Pour autant, les examens prévus cette semaine à Nancy et Metz "auront bien lieu, en étant reprogrammés ailleurs", a-t-on assuré.


Dans les Bouches-du-Rhône, un groupe d'étudiants a tenté de bloquer la faculté de lettre d'Aix-en-Provence à l'aube, sans succès. Lors d'une assemblée générale à la faculté de Sciences Saint-Charles à Marseille, les enseignants ont voté à la majorité une motion de soutien aux étudiants mobilisés. Autre ambiance à Lille, sur le campus de la faculté de droit de Moulins, où quelque 300 étudiants ont assisté à une cérémonie de remise de diplômes "d'agitateurs professionnels": une représentation théâtrale visant à dénoncer ironiquement les propos d'Emmanuel Macron (voir la vidéo ci-dessus) sur les blocages des universités.

L'université d'Avignon et des pays de Vaucluse fermée administrativement

Le président de l'université d'Avignon et des pays de Vaucluse a décidé mercredi soir de fermer administrativement les deux sites de l'université jusqu'à lundi, mettant en avant "un risque d'occupation inopinée", rapporte France Bleu Vaucluse.

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