Le mouvement étudiant prend de l'ampleur : le point sur les universités bloquées

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CONTESTATION - Blocages, manifestations, AG... Les actions étudiantes se poursuivent contre la loi ORE, qui instaure une forme de sélection à l'entrée de l'université, mais aussi contre l'extrême droite et les interventions policières. Quels établissements sont concernés ?

Né il y a plusieurs semaines, le mouvement étudiant contre la loi ORE a pris de l'ampleur depuis une semaine. Cette loi, votée par le Parlement le 15 février, définit notamment des "attendus" pour chaque filière et est accusée d'organiser une sélection à l'université et de rendre plus difficile son accès pour les lycéens moins favorisés. Les étudiants mobilisés réclament sa suppression et davantage de moyens pour l'enseignement supérieur. Après de nombreux incidents survenus ces derniers jours, ils se mobilisent également contre l'extrême droite et les interventions policières.

Montpellier, l'étincelle qui a mis le feu aux poudres

Depuis une semaine, l'université de Montpellier est au cœur des tensions. Le président de l'établissement a décidé de le fermer jusqu'au 3 avril, une semaine après l'agression, par un groupe de personnes armées, des occupants d'un amphi de la fac de droit. Alors que les étudiants accusent des groupes d'extrême droite, l'ex-doyen de faculté de droit, Philippe Pétel - qui avait démissionné après les faits - ainsi qu'un professeur soupçonné d'avoir participé à l'expédition violente ont été suspendus et, fait rarissime, placés en garde à vue.

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La ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, par ailleurs auteure de la loi ORE, a diligenté une enquête administrative pour faire la lumière sur les événements. En parallèle, à l'université Paul-Valéry, 1.500 à 3.000 étudiants et membres du personnel réunis en AG ont voté mardi pour un "blocus illimité". Plusieurs centaines d'entre eux ont manifesté ensuite.

À Nantes, blocages et manifestations régulières

L'université de Nantes a vu plusieurs de ses bâtiments occupés ces dernières semaines. Réunis en AG mardi, environ 700 étudiants ont décidé de "procéder à des blocages de la faculté ces jours de mobilisation, puis de voter, le soir même, la poursuite du blocus jusqu’au jour de mobilisation suivant", rapporte Mediapart. Les dates de ces journées d'action sont les suivantes : 28 mars (à l’appel d'étudiants de l’université de Lille, pour lutter "contre les fascistes"), 3 avril (à l'appel des syndicats de cheminots), 7 avril (à l'appel d'une intersyndicale), 12 avril, 14 avril, 19 avril (en même temps qu'une manifestation interprofessionnelle). 


La première manifestation du 28 mars a réuni quelques centaines de personnes mais a été confrontée à un dispositif de grande ampleur. Une nouvelle AG "inter-luttes" devait avoir lieu le 29 mars à 19 heures pour décider d'autres actions.

Lille : manifestation et tensions avec l'extrême droite

À l'issue d'une AG organisée dehors, qui a réuni quelques dizaines d'étudiants, ce jeudi 29 mars, un départ en manifestation a été décidé. L'université de Lille-2 est fermée depuis le 28 mars sur décision du président de l'établissement, après plusieurs jours de fortes tensions. Le même jour, plusieurs centaines de personnes ont manifesté contre l'extrême droite dans le centre de Lille et certains manifestants ont pénétré dans la gare de Lille-Flandres, occasionnant un face-à-face tendu avec les forces de l'ordre.

Les manifestations étudiantes sont quotidiennes à Lille depuis les violences qui ont eu lieu lundi, alors qu'une AG se tenait dans un amphi de Lille-2. "Des rumeurs faisant état de militants de Génération identitaire [un groupe d’extrême droite, ndlr] ont circulé. On est sortis et j’ai vu quelqu’un à terre se prendre des coups de pied par au moins quatre personnes, puis les agresseurs sont partis", a déclaré un doctorant en sciences politiques.

Paris : le site de Tolbiac occupé

Une AG a réuni plusieurs centaines de personnes, jeudi 29 mars, sur le site de Tolbiac (Pierre Mendès-France), à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Les étudiants ont décidé d'occuper le site jusqu'au mardi 3 avril de manière reconductible. Des tensions avec des personnes présentées comme des militants d'extrême droite auraient également eu lieu en début d'AG.


Ce même jour, le président de l'université, Georges Haddad, indiquait que 120 personnes participaient au blocage de nuit de la faculté. Craignant que la situation "dégénère", il n'a pas exclu de "faire appel à la police".

Alors que le site était censé être fermé entre lundi et jeudi, le local de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF) a été dégradé et recouvert de tags antisémites. Des faits condamnés par l'AG des étudiants qui occupent l'établissement.

Bordeaux : 10 jours de blocage

Le site de la Victoire, à l'université de Bordeaux, est occupé depuis une dizaine de jours. Alors que le collectif "Bordeaux Victoire contre la sélection" annonce qu’il recevra le 31 mars et 1er avril, la prochaine "coordination nationale des luttes", l'université a appelé sur Facebook déplore "une aggravation des conditions de sécurité du blocage".

Toulouse : le blocage du Mirail reconduit jusqu'au 3 avril

L'université Toulouse-2 Jean-Jaurès (université du Mirail) est l'une de celles où le mouvement étudiant dure depuis le plus longtemps. Depuis décembre 2017, des étudiants contestent la réforme de l'université, mais aussi un projet de fusion de leur université avec l'université Paul-Sabatier et deux écoles d'ingénieurs.


Le Mirail est entièrement bloqué depuis le 7 mars et une AG d'environ 1000 étudiants a décidé ce jeudi de reconduire le blocage jusqu'au 3 avril, date à laquelle une manifestation unitaire avec les cheminots sera organisée. Signe de la gravité de la crise, un administrateur provisoire a été nommé le 20 mars par le ministère, qui a mis fin au mandat du président de l'université. 

Dijon : plusieurs locaux occupés

L'université de Bourgogne, à Dijon, est aussi touchée par la contestation. Au lendemain de l'occupation de la Maison de l'université, une AG d'environ 80 étudiants s'est réunie ce jeudi, rapporte Le Bien Public. Plusieurs salles de l'établissement ont ensuite été occupées. Mercredi, l'université a annoncé qu'elle porterait plainte car des dégradations ont été constatées.

Rouen : deuxième jour de blocage

À Rouen, le blocage partiel de l'université s'est poursuivi jeudi, après une première journée mercredi, rapporte le site 76actu. Après avoir été empêchés de bloquer le bâtiment de la faculté de sciences humaines par des agents de sécurité, une trentaine d'étudiants ont bloqué un bâtiment voisin. 200 étudiants étaient présents à 10h, selon Paris Normandie.

Caen : les étudiants bloqueurs évacués par la police

Une trentaine d'étudiants a occupé mercredi un bâtiment de l'université de Caen "contre le plan étudiant et en soutien dans toute les facs qui subissent la répression". Ils ont été délogés par la police à 18h30, rapportent les médias locaux.

Rennes : un amphi occupé

L'université Rennes-2 connaît un mouvement étudiant depuis plusieurs mois. Des blocages ont eu lieu de manière récurrente ces dernières semaines et et des AG ont régulièrement dans un amphi occupé. Celle d'aujourd'hui avait pour objet l'organisation de la journée de mobilisation du 3 avril.

Nancy : la faculté de lettres occupée

À l'issue d'une AG particulièrement suivie à l'université de Nancy, avec environ 1000 personnes, deux tiers des étudiants présents ont décidé du blocage de l'établissement. L'université a "pris acte" de cette décision et discute avec les étudiants, qui bloquaient toujours l'établissement jeudi.

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