UraMin : retour sur un fiasco industriel à 3 milliards d’euros

UraMin : retour sur un fiasco industriel à 3 milliards d’euros
SOCIÉTÉ

SCANDALE - Dans le cadre de l’affaire Uramin, l’un des plus grands fiascos industriels de ces dernières années, Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon l’ex patronne d’Areva, a été mis en examen. Metronews revient sur ce scandale financier dans lequel les zones d’ombre persistent.

L’enquête visant l’irradiant dossier UraMin progresse. Cinq ans après l’éclatement du fiasco qu’a représenté le rachat par Areva d’une société minière canadienne détenant des gisements d’uranium en Afrique, Olivier Fric, le mari d’Anne Lauvergeon, l’ex-patronne du groupe nucléaire français, a été mis en examen le 23 mars dernier, a indiqué mercredi une source judiciaire à l’AFP, confirmant une information du Parisien. Ce conseiller dans le domaine de l’énergie est soupçonné de délit d'initié et blanchiment dans l’un des volets de cette affaire au parfum de scandale.

L’affaire UraMin débute en 2007, quand Areva, géant public du nucléaire, s’offre une petite société minière canadienne pour la modique somme de... 1,8 milliard d’euros. A la clé : la perspective de l’exploitation d’abondants gisements que possède UraMin en Afrique. Il s’agit de la mine de Trekkopje en Namibie et du site de Bakouma, en République centrafricaine, ainsi qu’à Ryst Kuil, en Afrique du Sud. Areva dépensera également 1,25 milliard d’euros pour le développement du gisement namibien.

Une coquille vide

Problème, la richesse des sous-sols ne correspond en rien à celle promise par UraMin. Fin 2011,  la décision tombe : Areva reporte l’exploitation des trois projets miniers et provisionne 1,4 milliard d’euros supplémentaires au titre de la perte de valeur des sites issus de l’acquisition d’UraMin. Plus qu’un accident industriel, un fiasco pour le groupe nucléaire français, qui, de l’aveu même du successeur d’Anne Lauvergeon en 2011, Luc Oursel, se trouve dans une "situation difficile".

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Comment, en effet, le spécialiste du nucléaire français a signé l’acquisition d’une coquille vide que James Mellon et Stephen Dattels, les anciens propriétaires d’UraMin avaient acheté 35 millions d’euros deux ans plus tôt ? Le tout avec l’assentiment de l’Etat. Pour l’expliquer, plusieurs enquêtes sont lancées : en interne tout d’abord, mais également au sein de la Cour des comptes, qui s’alerte de l’opération financière d’Areva. A ce titre, un signalement sera fait auprès du parquet national financier aboutissant à l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à la brigade financière. Les parlementaires chercheront également à éclairer le dossier UraMin, en 2012, à travers un rapport sur la situation financière d’EDF et d’Areva.

Néanmoins, de nombreuses zones d’ombre persistent dans ce dossier à dix chiffres dans lequel est notamment évoqué le nom de Patrick Balkany. Aujourd’hui, la mise en examen d’Olivier Fric renvoie à une période charnière du dossier, soit entre mai et juin 2007, quelques jours avant l’annonce officielle d’une OPA d’Areva sur UraMin. Selon la cellule de renseignements de Bercy, Tracfin, précise à l’AFP une source judiciaire, des titres d’Uranium ont été achetés à cette période par une société suisse dont Olivier Fric et son associé étaient les ayant droits. Autant d’actions qui ont été revendues cinq jours après le lancement de l’OPA d’Areva avec un profit de… 300.000 euros.

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