Usine GM&S occupée et piégée : "Peugeot et Renault ont décidé de laisser crever ce site", dénonce la CGT

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AUTOMOBILE - Des salariés de l'équipementier automobile GM&S Industry à La Souterraine (Creuse), menacé de liquidation judiciaire, ont commencé jeudi à détruire du matériel et affirment avoir "piégé" leur usine, pour dénoncer l'attitude des constructeurs français, qu'ils accusent de bloquer les négociations de reprise du site. Au lendemain de ces actions, et alors que l'usine est toujours occupée et qu’elle le sera tout le week-end, Catherine Baly, secrétaire de l’unité départementale CGT de la Creuse, fait le point sur la situation.

Deux machines détruites jeudi devant les caméras, des salariés qui occupent le site, des bonbonnes de gaz installées pour piéger l'usine... Redoutant une liquidation judiciaire imminente, les employés de GM&S Industry à La Souterraine, dans la Creuse, ont décidé d'interpeller la population sur leur avenir et de faire réagir les autorités. Catherine Baly, secrétaire de l’unité départementale CGT de la Creuse, contactée par LCI ce vendredi, fait le point sur la situation.


Quelle est la situation ce vendredi après-midi sur le site de GM’S industry à La Souterraine dans la Creuse ? 

Jeudi 12 mai , comme tout un chacun le sait, les salariés ont bloqué l’usine en attendant  que les choses bougent. Les seuls éléments que nous ayons aujourd’hui, c’est qu’il y aura une réunion en préfecture lundi prochain en présence des constructeurs, des responsables politiques locaux, de l’administrateur judiciaire et bien sûr de l’Etat. Pour le reste, nous ne savons pas ce qu’il y a dans le dossier, nous ne savons pas qui sera présent pour les constructeurs, nous ne savons pas qui seront les décisionnaires … 


Quelle est l’ambiance sur le site ? 

Le climat est serein mais la tension monte depuis hier, clairement. Les salariés sont déterminés à ne pas se laisser faire, je peux vous l’assurer. 


Il y a eu jeudi des actions très fortes, et un syndicaliste qui a affirmé que l’usine de La Souterraine avait été piégée avec des bonbonnes de gaz et des bidons d’essence. Quel a été le facteur déclencheur pour que de telles actions soient menées ? 

Les salariés – 279 au total - voient clairement se profiler une liquidation pour le 23 mai prochain. Aujourd’hui, la responsabilité n’est pas sur les salariés. On a deux donneurs d’ordre, Peugeot et Renault, qui ont décidé de laisser crever ce site et de supprimer tous les emplois alors que le savoir-faire des employés est reconnu partout. On ne peut pas reprocher à ces personnes dont l’avenir est menacé de se comporter avec une certaine désespérance … La moyenne d’âge des salariés est de 49 ans. Aujourd’hui, ils savent pertinemment que quoique l’on puisse leur dire, formation professionnelle ou pas, ils ne retrouveront rien. 

Qu’attendez-vous de la réunion du 15 mai ? 

Nous attendons ce que nous réclamons depuis plusieurs mois : que ce site soit maintenu en activité avec un chiffre d’affaires et un carnet de commandes suffisants et un projet industriel qui tienne la route pour maintenir tous les emplois. Pour nous, ici en Creuse, c’est vital. Le département est suffisamment sinistré, on n’a pas besoin d’une catastrophe sociale supplémentaire.


D’ici là, y aura-t-il d’autres actions ? 

L'intersyndicale de l'usine creusoise prévoit une manifestation samedi 13 mai à 14h30 devant la gare de la Souterraine "en solidarité avec les salariés de la SNCF, mis en danger par des suppressions d'emplois". Par ailleurs, la CGT va lancer un appel national à un rassemblement, mardi 16 mai, devant l'usine GM&S Industry à 15 heures. Le même jour,  un rassemblement avec la population devant la mairie sera organisé. 

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