Mais pourquoi diable les vacances de la Toussaint vont-elles du mercredi au jeudi ?

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CALENDRIER - Elles mettaient sans dessus dessous les parents et les professionnels du tourisme à la rentrée, elles continuent à faire râler à mesure qu'elles se rapprochent. Les vacances de la Toussaint débutent ce mercredi et termineront le jeudi suivant. Ce qui ne va pas sans poser de problèmes.

Des vacances du mercredi au jeudi. En plein milieu de semaine. Une hérésie ? Mauvaise surprise en tout cas pour les parents d’élèves qui, à la veille de la rentrée, se sont penchés sur le calendrier scolaire 2016-2017. Car cette année, les vacances de la Toussaint courent du mercredi 19 octobre au jeudi 3 novembre. Etalées en pleine semaine.


Le sujet paraît anecdotique, alors qu’à la veille de la rentrée, les nouveaux programmes et la réforme du collège font eux aussi déjà grogner. Pourtant, cette situation pose de réels problèmes.


"Cela a des impacts très concrets", nous expliquait à l'aune de la rentrée scolaire Hervé-Jean Le Niger, vice-président de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE), à LCI. "D’abord pour les familles monoparentales, pour qui organiser la garde d’un enfant en milieu de semaine est très compliqué. Quand on sait que ces familles sont celles qui sont déjà le plus fragilisées socialement et scolairement, c’est vraiment la double peine." Le casse-tête se pose aussi pour les parents, salariés, pour réussir à poser des congés en milieu de semaine, pour s’arranger avec leurs collègues. Et, en fin de chaîne, pour les centres de loisirs, et collectivités territoriales, habitués à organiser des activités du samedi au samedi. Un gros bazar en perspective.

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Vacances de la Toussaint : pourquoi un calendrier si étrange ?

"Cela ne se reproduira pas"

"C’est une situation exceptionnelle", a répété Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l’Education, ce lundi, promettant que "cela ne se reproduirait pas". "L'exercice de confectionner un calendrier scolaire sur plusieurs années est tout sauf simple", avait-elle expliqué à la rentrée. D’après elle, pour permettre aux élèves de faire leur rentrée le premier septembre, et à la fois leur garantir des semaines complètes de vacances à Noël, cet hiver et au printemps, il a fallu "céder" sur ces vacances de la Toussaint."  


"L'autre argument du ministère esst de dire que pour satisfaire l'équilibre de l'enfant, il faut alterner sept semaines travaillées, et deux semaines de congé", poursuivait Hervé-Jean Le Niger. "C'est une très bonne chose. Mais en l'occurence, cet argument ne tient pas ici : l'été dernier, la zone C a eu 12 semaines de travail d'affilée, entre les vacances de printemps et celles d'été, et cela ne les a pas dérangé." Autre élement d'explication, peut-être, pour ces vacances en décalé : le vice-président pointe le "problème technique" du 1er novembre, et donc férié, qui tombe un mardi. "Ils ont sans doute eu peur qu’en faisant revenir les élèves le lundi, il y a ait trop d’absentéisme."


Reste que la FCPE, en colère, ne découvre pas le problème aujourd’hui. Le calendrier scolaire en vigueur est en effet un calendrier triennal, voté en avril 2015 et d’une durée de 3 ans. A l’époque, le CSE, Conseil supérieur de l’Education, instance consultative qui réunit des représentants de la communauté éducative, avait émis un avis négatif. Les vacances de la Toussaint n’étaient pas seules en cause : posaient aussi problème, notamment, la longueur des vacances d’été, préjudiciable au le suivi pédagogique des enfants. 


"Ce n’est pas un drame, plutôt un petit point d’achoppement", tempère le vice-président de la FCPE. "Mais c’est maladroit, et cela pénalise les familles. Ils ne mesurent pas forcément à quel point c’est extrêmement compliqué pour les familles de s’organiser… "

"Une source de désaccord sans fin"

Côté tourisme, ces congés en milieu de semaine auront forcément un impact : les locations courant du samedi au samedi, les professionnels n’auront donc droit qu’à une semaine complète, au lieu de deux ; et à deux week-end, au lieu de trois.  Mais à l’Umih (Union des métiers et des industries de hôtellerie), Thierry Grégoire, le président, n’est pas si catastrophé. "Le calendrier scolaire est toujours une source de désaccord, c’est sans fin", soupire-t-il, tout en comprenant les difficultés que cela peut poser aux parents. "Pour être très honnête, ce ne sont pas les vacances les plus importantes de l’année." D’après les chiffres de l’Umih en effet, seuls 37% des familles partent en général sur cette période. "Cela aura un impact, mais pas forcément aussi grand que si c’était les vacances de Noël. Et puis on va s’organiser, proposer des offres plus courtes. On fera le bilan économique à la fin", indique  Thierry Grégoire. "Et on reviendra à la normale l’an prochain."


En attendant, sur les réseaux sociaux, des parents ont cependant pris le parti d’en rire. Enfin, plutôt de rire jaune…

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