Vaccination des ados : qu'en pensent les principaux concernés ?

Le cap des 50% d'adultes ayant reçu une dose de vaccin a été officiellement franchi ce mercredi. Emmanuel Macron a aussi donné la date d'ouverture de la vaccination aux 12 à 18 ans. Mais les avis divergent quant à l'utilité de cette vaccination.

TÉMOIGNAGES - La vaccination sera ouverte aux jeunes de 12 à 18 ans à partir du 15 juin, a annoncé Emmanuel Macron ce mercredi. Qu'en pensent les adolescents (et leurs parents) ? Nous leur avons posé la question.

Les ados bientôt vaccinés. Alors que l'Agence européenne des médicaments (EMA) a approuvé vendredi dernier l'utilisation du Pfizer/BioNTech pour les 12-15 ans, Emmanuel Macron a annoncé ce mercredi 2 juin depuis le Lot que la vaccination serait ouverte à tous les jeunes de 12 à 18 ans à partir du 15 juin. Celle-ci "ne sera en aucun cas obligatoire" et se "fera sur la base du volontariat, avec l'accord des parents", a précisé le ministre de la Santé, Olivier Véran, sur TF1, soulignant que cette mesure allait "participer du mouvement d'immunité collective".

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Covid-19 : le défi de la vaccination

L'occasion de demander aux principaux intéressés s'ils comptent prendre rendez-vous prochainement.

Toute ma famille est en télétravail et je suis un peu la seule qui peut ramener le Covid à la maison. Ça me stresse un peu.- Charlotte, 13 ans

De retour de leur collège, dans le 5e arrondissement parisien, Charlotte et Éléonore, en classe de 4e, affirment sans hésitation vouloir se faire vacciner dès que ce sera possible. "Pour mes proches, je trouve que c’est plus sûr de me faire vacciner. Toute ma famille est en télétravail et je suis un peu la seule qui peut ramener le Covid à la maison. Ça me stresse un peu", nous explique Charlotte, 13 ans. Sa copine Éléonore, elle, dit "faire confiance" aux vaccins et estime que la vaccination est "la seule manière de sortir de la pandémie, d’être libre d’enlever les masques et de vivre comme avant"

Cette vie d'avant, elle espère notamment la retrouver au collège, à la rentrée. Les cours en distanciel lui ont un peu pesé. "Les cours à la maison, ça a été un peu difficile parce que je suis moins concentrée, je comprends moins, il y a des problèmes de connexion..."

À l'arrêt de bus devant son lycée, à Ivry-sur-Seine (94), Dounia, 16 ans, est catégorique : elle ne se fera pas vacciner. "J’ai vu qu’il y avait eu des morts. Ce n'est peut-être pas dû au vaccin, mais ça me fait peur", relève-t-elle, ajoutant que ses parents sont "contre le vaccin" anti-Covid. Son amie Lorie, 17 ans, partage un avis opposé. "Mes parents l’ont fait en Chine et ma sœur a fait le Pfizer récemment. Si je peux le faire, je le ferais aussi", affirme-t-elle. "Je me dis que si personne ne le fait, ça ne va pas avancer, tandis que si on est nombreux à le faire, ça va encourager les plus réticents." 

Ma mère n’est pas très rassurée. Elle voudrait qu’on ait plus de recul sur les effets secondaires sur les ados.- Jérémy, 13 ans

Un peu plus loin, nous croisons Lim-Thomas, en terminale STI2D (sciences et technologies de l'industrie et du développement durable) dans un lycée du 15e arrondissement de Paris. Masque baissé, il promène son chien. Du haut de ses 17 ans, le lycéen est un peu méfiant. "On ne connaît pas encore trop les effets secondaires des vaccins, parce qu’il a été créé rapidement", fait-il valoir, précisant qu'il ne pourra de toute façon pas se faire vacciner parce que "(sa) mère a trop peur"

Bien que le masque lui pèse, Lim-Thomas n'est pas si impatient de retrouver son quotidien pré-pandémie. En demi-jauge, il n'a cours qu'un jour sur deux. "C’est sûr que ce serait bien de reprendre le lycée normalement pour le côté scolaire, mais pour sortir avec des potes, c’est mieux."

Jérémy, 13 ans, est peu ou prou dans le même cas de figure. Scolarisé dans un collège privé au Kremlin-Bicêtre (94), il apprécie aussi cette charge de travail réduite. "Quand je suis à la maison, ce qui arrive une semaine sur deux, j'ai au grand maximum 1h30 de travail par jour", soutient-il. Pour autant, le collégien sent qu'après presque deux années scolaires hachurées, il a "un peu de mal à suivre" et a hâte de retrouver ses camarades à temps plein. 

Alors, vaccin ou non ? Entre les deux, son cœur balance. "Avec le Pfizer, à la deuxième dose il y a plein de gens, comme ma mère, qui ont des effets secondaires. Du coup, je ne sais pas trop... Ma mère n’est pas très rassurée. Elle voudrait qu’on ait plus de recul sur les effets secondaires sur les ados avant que je puisse le faire. Mon père, lui, est contre le vaccin." 

Et les parents, qu'en pensent-ils ?

Du côté des parents justement, la question revient également. "C'est pas un sujet qu'on a évoqué globalement, mais avec cette histoire de pass sanitaire la question revient effectivement de temps en temps pour l'organisation de l'été et la rentrée", concède Cécile Frattaroli, présidente de la Peep (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public) à Paris. "Les avis sont partagés, mais ça a été tellement compliqué pour tous que j'ai le sentiment que la majorité des parents a compris la nécessité et l'urgence", explique-t-elle concluant que "la vaccination n'a pas l'air d'être refusée." D'une part "pour les organisations des uns et des autres" mais aussi pour "éviter d'être reconfiner et en demi jauge mais aussi pour voyager et pour la vie sociale". 

Toujours selon son ressenti basé sur ses échanges informels avec d'autres parents, "ceux sont qui sont favorables pour eux-mêmes le sont aussi souvent pour les 16-18 ans". Elle-même maman d'un adolescent de 17 ans, Cécile Frattaroli assure qu'il "se fera vacciner dès qu'il le pourra". S'agissant des inquiétudes qui ont pu émerger ici et là, la présidente de la évoque notamment "la question hormonale" pour cette tranche d'âge, avec l'impression que "les parent se la posent plus pour les filles que pour les garçons"

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