Vaccination par les pharmaciens : concrètement, comment ça se passerait ?

Vaccination par les pharmaciens : concrètement, comment ça se passerait ?

SANTÉ – L'éventuelle ouverture de la vaccination aux pharmaciens fait polémique et laisse beaucoup de questions en suspens. Quels locaux, quelles formations, quelle rémunération auraient-ils pour pratiquer cet acte ?

Permettre aux pharmaciens d'injecter les vaccins. Cette mesure proposée la semaine dernière par Marisol Touraine dans son projet de loi santé a piqué au vif les médecins, qui redoutent une banalisation de cet acte médical et appellent à faire grève à Noël . L'idée, dont le but est faire progresser la couverture vaccinale en France, est également loin de susciter un enthousiasme général chez les pharmaciens. "Il faut lutter contre le recul de la vaccination, notamment celle contre la grippe qui ne touche plus qu'une personne âgée sur deux, contre 60% il y a cinq ans, souligne le président de l'Union des Syndicats de Pharmaciens d'Officine, Gilles Bonnefond. Mais cette priorité ne doit pas supporter la polémique et la division des professionnels de santé." Or, aucune concertation n'a pour l'heure été organisée sur le sujet, et de nombreux points restent dans le flou.

Où ça se passerait ?
Pas question de piquer les clients au comptoir. Si les 22.438 pharmacies de France étaient effectivement autorisés à administrer les vaccins, il faudrait y aménager des lieux de confidentialité. Sur ce point, pas de problème, assure Gilles Bonnefond : "Aujourd'hui, plus de 60% des officines sont déjà équipées d'espaces permettant d'isoler les patients de façon phonique et visuelle, pour réaliser des entretiens pharmaceutiques, mesurer leur glycémie ou prendre leur tension". Toutes les nouvelles pharmacies ou celles qui réalisent des travaux ont d'ailleurs l'obligation d'en créer. Reste que la question risque de se poser là où l'on manque de surface, à Paris notamment. "Je serais obligé de refaire mon bureau pour y accueillir les clients", soupire ainsi Jérémy, installé dans le IIe arrondissement de la capitale.

Combien ça couterait ?
"Je comprends que les médecins soient mécontents, poursuit le pharmacien de 34 ans : les injections ne prennent quelques minutes et leur rapportent aujourd'hui 23 euros, le prix d'une consultation." Si la rémunération des pharmaciens pour cet acte reste à déterminer, certains ont évoqué le un tarif de 10 euros, soit ce que font payer les infirmières pour les vaccins contre la grippe saisonnière qu'elles sont autorisées à injecter.

Quelle formation ?
Administrer un vaccin n'est pas un geste médical anodin, répètent les médecins. "Pour savoir où piquer, comment nettoyer la peau, connaître les précautions d'usage, etc, il faudrait évidemment nous former à cet acte nouveau et apporter des garanties sur le plan assuranciel", prévient Gilles Bonnefond. Qui soulève un autre problème : "Il faudrait également créer un outil de partage d'information pour permettre au médecin de savoir si une infirmière ou un pharmacien a déjà réalisé un vaccin sur son patient."

Quels vaccins concernés ?
Là aussi, rien n'est clairement défini sur le nombre et les types de vaccins concernés, le ministère de la Santé ne se prononçant pas avant le passage du projet de loi au Parlement début 2015. Mais le vaccin contre la grippe saisonnière, sur lequel Marisol Touraine met l'accent lorsqu'elle évoque le sujet, serait concerné au premier chef. "Après, cela peut concerner des renouvellements de vaccins chez des adultes, mais pas les primo-injections, toujours délicates car il peut y avoir des contre-indications", estime Gilles Bonnefond. Selon lui, "les nourrissons et les jeunes enfants" seraient exclus.

Sur le même sujet

Les articles les plus lus

Qui était Jean-Jacques Savin, décédé en voulant traverser l'Atlantique à la rame ?

Covid-19 : comment transformer son pass sanitaire en pass vaccinal ?

EN DIRECT - Covid-19 : Marlène Schiappa positive, elle se place à l'isolement

"Plus de 50% de la viande consommée en France" est-elle halal ?

A l'hôpital, un quart des patients positifs au Covid-19 ont été admis pour un autre motif

Lire et commenter
LE SAVIEZ-VOUS ?

Logo LCI défend l'ambition d'une information gratuite, vérifiée et accessible à tous grace aux revenus de la publicité .

Pour nous aider à maintenir ce service gratuit vous pouvez "modifier votre choix" et accepter tous les cookies.