Vaccins : la Mairie de Paris dément avoir bénéficié de passe-droits à l'Hôtel Dieu

Vaccins : la Mairie de Paris dément avoir bénéficié de passe-droits à l'Hôtel Dieu

CRISE SANITAIRE - Selon un communiqué de la CGT de l'Hôtel-Dieu, des agents administratifs auraient été vaccinés alors qu'ils ne faisaient pas partie des publics dits prioritaires. L'Hôtel de Ville dément formellement et dénonce "des propos diffamatoires."

La CGT de l'Hôtel-Dieu a lâché un pavé dans la mare. Selon le syndicat, des agents de la mairie de Paris auraient profité de passe-droits pour se faire vacciner. C''est ce que la section syndicale dénonce, dans un communiqué publié jeudi 28 janvier. "Quotidiennement, des équipes mobilisées sont obligées de refuser des soignants et des personnes âgées vulnérables, alors que leur est imposée la vaccination de personnels de la mairie de Paris et autre VIPs non médicalement prioritaires. "  

L'organisation syndicale évoque un passe-droits "scandaleux" concernant des agents administratifs qui ne font pas partie du public dit prioritaire. "En théorie, la vaccination est seulement ouverte aux soignants à l'Hôtel-Dieu, mais on a vu des secrétaires administratifs de la mairie de Paris venir aux urgences se faire vacciner", indique Damien Wittman, secretaire général de la CGT Hôtel-Dieu au Parisien.

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Covid-19 : le défi de la vaccination

Cette affaire résonne d'autant plus que les doses de vaccins contre le Covid-19 se font rares. Par ailleurs, des rendez-vous pour une première injection sont sur le point d'être reportés dans les jours qui viennent pour les personnes âgées de plus de 75 ans. Dans un tel contexte, ces accusations de passe-droits ont suscité l'indignation. "C'est injuste et inadmissible dans la mesure où l'on refuse la vaccination à d'autres au prétexte qu'ils ne sont pas soignants", s'agace dans Le Parisien, Bruno Lamaille, secrétaire général du syndicat CGT de l'Hôtel-Dieu et secrétaire du CHSCT. 

Une enquête a été ouverte

De son côté, l'Hôtel de Ville dément formellement et dénonce "des propos diffamatoires." Et indique avoir mené une enquête pour vérifier l'identité de tous les agents concernés. "Contrairement aux affirmations purement diffamatoires qui ont pu être relayées dans la journée d'hier, cette enquête démontre que les règles sanitaires ont été scrupuleusement respectées et qu'aucun passe-droit n'a été octroyé", a-t-elle assuré. 

Mais alors, comment expliquer une telle situation ? La ville explique qu'un accord a bien été passé avec les hôpitaux de Paris mais que ce dernier vise à favoriser la vaccination du personnel prioritaire prévue par les autorités sanitaires. Cet accord "ne concerne que la vaccination des professionnels de santé et du médico-social de la Ville de Paris de plus de 50 ans ou présentant l'une des pathologies ou des facteurs de comorbidité prévus par les autorités sanitaires", explique la mairie de Paris.

Au total, seuls 2.000 agents sont concernés par cette exception. Au 27 janvier, 1 119 agents étaient inscrits. 475 vaccinations ont été effectuées et 113 sont programmées. "11.517 personnes ont reçu à ce jour leur première dose de vaccin à ce jour à l'Hôtel-Dieu : les personnels de la Ville de Paris représentent donc moins de 5 % des vaccinations", a indiqué la mairie de Paris, qui a par ailleurs indiqué envisager "des suites judiciaires éventuelles".

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De son côté, l'opposition n'avais pas tardé à réagir à ce début de polémique. À l'image du maire (LR) du XVIIe arrondissement Geoffroy Boulard, qui avait affiché son indignation : "Si avérés, les faits relatés par la CGT sont très graves. [...] La présidente de l'AP-HP Anne Hidalgo doit faire toute la transparence."

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