Vague de froid : des coupures d'électricité sont-elles à prévoir ?

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ÉNERGIE - Alors qu'un pic de consommation électrique est attendu mardi et mercredi, le gestionnaire d'électricité RTE a fait savoir à LCI qu'il ne prévoyait pas de coupures de courant lors de l'intense vague de froid qui traverse le pays. Comment l'entreprise s'organise-t-elle pour éviter la panne ? Éléments de réponse.

Le réseau électrique va-t-il résister au froid polaire à venir ? Oui, a priori, si l'on en croit le gestionnaire de l'électricité française. Alors que l'Hexagone connait une vague d'air glacial jamais vue depuis plusieurs années, un pic de consommation électrique de 93.000 MW est attendu mardi et mercredi. RTE (filiale d'EDF) a indiqué à LCI que le pays devrait le supporter et ne pas connaître de coupures de courant à cause de cette chute brutale du mercure liée à l'arrivée du flux "Moscou-Paris". Un flux qui apporte pourtant des temératures ressenties dignes d'un hiver russe, de -10° à -20° Celsius sur une large partie du territoire. 

"Au vu des prévisions il n'y a pas de risque de coupure", indique-t-on chez RTE, tout en précisant que les prochaines prévisions, publiées lundi, pourraient évoluer. "Nous prévoyons un record de consommation mercredi à 9h30, à 92.800 mW", ajoute l'entreprise chargée du transport de l'électricité à haute et moyenne tension, à ne pas confondre avec Enedis, qui s'occupe, elle, de la distribution jusqu'aux consommateurs.

Économiser grâce aux heures creuses (et à sa boîte mail)

Pour autant, "la consommation d'électricité devrait être supérieure à la production entre mardi et jeudi", précise RTE, qui dit disposer d'une puissance de 91.000 mW. Pour combler le différentiel attendu, le gestionnaire dispose de plusieurs solutions. Première d'entre elles ? La sensibilisation du public. Via une campagne de communication sur les réseaux sociaux et à travers son application Eco2Mix, l'entreprise entend pousser les particuliers à réduire ou à adapter leur consommation


"Nous pouvons inciter le public à utiliser certains appareils électroménagers, comme les machines à laver, pendant les heures creuses", explique le transporteur. Mais il n'y a pas que l'électroménager : "Nous invitions aussi les consommateurs à limiter la taille des pièces jointes dans leurs mails, et à faire le ménage dans leur boîte mail, car tous ces messages sont traités par des serveurs qui consomment beaucoup d'électricité."

Mises bout à bout, ces mesures de réduction de consommation permettent d'économiser 2500 à 3000 mW, "soit l'équivalent de la consommation de Paris intra-muros". Autre mesure de prévention : RTE a passé des accords avec de nombreux sites industriels. En abaissant la tension électrique sur ses sites, 2500 mW peuvent aussi être économisés. Enfin, l'entreprise a toujours la possibilité d'importer de l'électricité depuis l'Allemagne ou encore l'Espagne, dont la consommation dépend moins de la température et où les pics d'utilisation ne sont pas aux mêmes heures.

Des mesures d'urgence au cas où...

Si toutes ces mesures se révélaient insuffisantes pour alimenter toute la France en électricité, des mesures d'urgence sont également prévues. Le transporteur a notamment la possibilité de baisser de 5% la tension sur tout le réseau. "Cela n'empêche pas d'utiliser tous vos appareils électriques, mais il est possible qu'une ampoule éclaire un petit peu moins, ou que des plaques électriques chauffent légèrement moins", assure encore RTE.

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En cas de besoin, le gestionnaire peut également procéder à l'interruptibilité. Un terme qui désigne la possibilité de couper le courant à 22 sites industriels très consommateurs d'électricité. Ces sites volontaires ont passé un accord préalable avec RTE pour cela. De quoi économiser 1500 mW. Enfin, en dernier recours, ce qui n'est pas prévu lors du passage de la vague de froid, RTE peut couper le courant volontairement à certains quartiers "de manière localisée et 2 heures au maximum". 

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