Variants du Covid en Moselle : Olivier Véran promet plus de tests et de vaccins pour contrer la flambée épidémique

Le variant sud-africain du Covid-19 fait, en apparence, une poussée surprenante en Moselle. Il y serait à l'origine de 400 nouveaux cas cette semaine. Les autorités locales réfléchissent toujours à une fermeture anticipée des écoles.

ÉPIDÉMIE - Face à l'émergence plus rapide des variants du coronavirus en Moselle, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé le renforcement de la campagne de test et de vaccination. Une annonce jugée insuffisante par les élus locaux qui réclament des confinements localisés.

Avec plus de 100 cas de variant sud-africain identifiés en moyenne par jour, la Moselle clignote en rouge sur la carte de progression du Covid-19. En déplacement à Metz, le ministre de la Santé, Olivier Véran, a annoncé ce vendredi un renforcement de la politique de tests et de vaccination dans le département qui connait une incidence plus élevé que sur le reste du territoire ces derniers jours. "Tout cas positif de coronavirus sera désormais considéré dans ce département comme suspect de variant jusqu'à preuve du contraire, c'est-à-dire qu'il bénéficiera d'un contact tracing immédiat, d'une mise à l'abri accompagnée immédiate, d'un isolement porté à dix jours contre sept", a déclaré le ministre de la Santé devant la presse.

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Dorénavant, un test PCR sera réalisé avant la levée de l'isolement pour les cas positifs et un test PCR sera effectué dès le premier jour sur tous les cas contacts éventuels, a précisé Olivier Véran, qui s'exprimait à l'issue d'une réunion avec des élus mosellans. "La Moselle bénéficiera pour cela de l'aide de l'équipe du ministère et des autres" agences régionales de santé (ARS), a-t-il souligné, alors que les premières analyses sur les cas positifs "tendent à prouver l’hypothèse qu’il s’agit bien de variants d’origine sud-africaine".

Au-delà des tests, Olivier Véran entend aussi "renforcer" la politique de vaccination pour répondre "à la demande des élus locaux. En Moselle, "75 % des personnes âgées" en Ehpad ont déjà reçu à ce jour au moins une dose de vaccin, a fait savoir le ministre de la Santé. "2000 doses de vaccin Moderna pourront être mises à la disposition de la population, notamment les personnes âgées de 75 ans et plus dans les tout prochains jours", a-t-il annoncé, avant de se rendre à l'Agence régionale de Santé (ARS) de Metz.

En Moselle, une "atteinte plus forte" chez les jeunes

Cette annonce, tout comme l'"augmentation du nombre de doses de vaccins Pfizer dès la semaine prochaine", répond "en partie aux attentes fortes des Mosellans pour protéger nos populations particulièrement exposées", a réagi dans un communiqué le président UDI du conseil départemental, Patrick Weiten. Selon le professeur Benoit Gallix, directeur de l'Institut hospitalo-universitaire (IHU) de Strasbourg et coordinateur scientifique de la plateforme régionale de suivi de l'évolution de l'épidémie "Predict’Est", la trajectoire en Moselle est "différente" du reste du Grand Est "depuis quinze jours", avec une "atteinte plus forte" des jeunes.  

Pour les autres mesures réclamées par les élus, il faudra attendre la suite des concertations, a prévenu Olivier Véran, qui temporise. "Plusieurs propositions ont été faites", sans consensus, comme un confinement local sans délai ou une fermeture anticipée des écoles, a-t-il rapporté. "Je vais (…) continuer la consultation, notamment discuter la question des écoles" avec le ministre de l'Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a-t-il ajouté. "Dès lors que les chaines de contamination sont isolées, dès lors que les personnes potentiellement contagieuses sont mises à l’abri et isolées chez elles (…) nous tenons le bon bout", ce qui ne veut toutefois "pas dire qu’il ne faut pas envisager des mesures complémentaires", a indiqué le ministre de la Santé. 

Les élus réclament des mesures localisées

Pour les élus locaux, il faut aller plus loin afin d'éviter que la situation ne dégénère. À l'issue de la réunion avec le ministre de la Santé, le maire (LR) de Metz, François Grosdidier, qui plaide pour sa part en faveur d'"un confinement de courte durée" et "la fermeture des écoles", s'est dit déçu de l'absence de décision immédiate. "Il y a une véritable explosion (d'incidence) chez les jeunes de 10 à 20 ans. J'espère effectivement qu'ils décideront d'avancer (la fermeture des écoles) d'une semaine. On aurait aimé avoir cette décision maintenant pour se préparer", déplore-t-il. 

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Car au-delà de la présence accrue des variants sud-africain et brésilien, tous deux suspectés d'être plus contagieux que la souche d'origine du Covid-19, la Moselle est également l'un des départements métropolitains avec le taux d'incidence le plus élevé (290 cas positifs pour 100.000 habitants entre le 2 et le 8 février, contre une moyenne de 201 pour la France). Sur le territoire, la pression hospitalière se maintient à un niveau élevé avec plus de 26.000 malades du Covid hospitalisés, dont près de 3300 en réanimation. D'où les appels répétés des élus locaux pour mettre en place des confinements locaux.

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