Véritable amour ou coup d'un soir... : à quoi servent vraiment les sites et applications de rencontre ?

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RENCONTRES - Selon un sondage Ifop pour CAM4 Le Mag, si plus d'un Parisien sur dix a rencontré son conjoint actuel sur un site ou une application de rencontre, c'est surtout un moyen pour faire des rencontres d'un soir. Explications.

Pour la vie ou pour une nuit ? Dans une grande enquête publiée ce jeudi, l'Ifop - pour CAM4 Le Mag - s'est intéressé à la vie sexuelle des Français, et notamment des Parisiens, et de leur utilisation des sites de rencontre. Il s'agit de "faire le point sur la manière dont les couples se forment aujourd'hui et sur les usages que les Parisiens peuvent avoir de ces sites et applications de rencontre", explique l'institut de sondage en introduction.

Avant d'égrainer plusieurs chiffres, l'Ifop assure que "si ces sites (de rencontre) contribuent encore peu à la formation des couples, ils constituent un moyen privilégié pour trouver rapidement un partenaire sexuel". Il s'agirait même d'un "terrain de chasse idéal aux adeptes des 'coups d’un soir'". Explications en chiffres.

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25% des Parisiens ont déjà trouvé un partenaire avec qui coucher "le premier soir" sur un site ou une application de rencontre

Selon le sondage, à peine plus d'un Parisien sur dix (11%) déclare avoir trouvé son conjoint actuel sur un site ou une application de rencontre, contre 6% des Français. Par rapport à la moyenne nationale, les couples parisiens se forment d’ailleurs aussi un peu plus lors des études ou sur le lieu de travail (35% contre 30% à l'échelle nationale), dans les bars (7% contre 5%) ou encore dans des lieux publics (6% contre 4%).

Mais si, contrairement aux idées reçues, les applications et sites de rencontre ne sont pas la panacée pour faire des rencontres amoureuses à Paris, elles le sont beaucoup plus pour les rencontres sexuelles. Selon le sondage Ifop, un Parisien sur trois (34%) déclare ainsi avoir déjà trouvé une partenaire sexuel au cours de sa vie grâce à cet outil. Un taux deux fois supérieur au chiffre national (14%). Les Parisiens préfèrent toutefois rencontrer leur partenaire sexuel dans un cadre moins virtuel : 61% en soirée privée, 60% dans le cadre de leurs études et 49% sur leur lieu de travail. 

Mais les applications de rencontre grattent des points quand il s'agit de rapports sexuels plus brefs. Selon le sondage, 25% des Parisiens ont déjà rencontré un partenaire avec qui coucher "le premier soir" sur ces plateformes - à égalité avec les discothèques - contre 21% dans un bar ou 15% sur leur lieu d'études.

Ce qui frappe surtout dans l'enquête de l'Ifop, ce sont les raisons qui poussent les utilisateurs de ces plateformes à s'y rendre. Si une majorité d'entre eux (63% à Paris et 72% dans le reste de la France) disent y chercher une relation sérieuse, plus d'un tiers (37% à Paris et 28% dans le reste de la France) assurent ne chercher qu'une aventure sans lendemain. Et l'écart est particulièrement flagrant si l'on isole les hommes et les femmes. En effet, 53% des utilisateurs masculins (42% à l'échelle nationale) disent être ou s'être inscrits uniquement pour y trouver une relation d'un soir quand 82% des utilisatrices parisiennes (86% à l'échelle nationale) assurent y chercher une relation sérieuse.

L'enquête assure également que "l'usage purement sexuel de ces sites est assumée par une majorité d'usagers", "nombre d’utilisateurs parisiens s’affranchissant des principes du rituel du 'date' et, notamment, de certaines normes pesant encore sur la gent féminine comme l’interdiction de coucher le premier soir", assure l'Ifop. Chiffres à l'appui : plus de la moitié des utilisateurs parisiens reconnaissent avoir eu un rapport sexuel dès le premier rendez-vous en sachant d’avance qu’ils n’allaient pas revoir cette personne (54%), soit presque deux fois plus que l'ensemble des Français (35%).

Les sites et applications de rencontre constituent à Paris un environnement très propice au recrutement de partenaires sexuels occasionnels- François Kraus, Ifop

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En conclusion de l'enquête, François Kraus de l'Ifop assure que "si les sites de rencontre contribuent encore assez peu à la formation des couples, ils constituent à Paris un environnement très propice au recrutement de partenaires sexuels occasionnels, et ceci dans des proportions largement supérieures à ce que l’on observe en moyenne chez l’ensemble des Français". 

En cause selon lui : "un nombre quasi-infini de possibilités de rencontres tout en leur garantissant un anonymat encore plus fort qu’en province". Et de conclure : "Par rapport aux nombreux autres modes de rencontres disponibles dans la capitale, les applications et sites de rencontre peuvent apparaître comme un outil particulièrement adapté à la pratique d’une sexualité purement récréative, centrée sur l’épanouissement sexuel plutôt que sur les contraintes du couple".

Etude Ifop pour CAM4 Le Mag réalisée auprès d’un échantillon de 2 0005  personnes, représentatif de la population parisienne âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée, statut marital) après stratification géographique par arrondissement. L’étude a été réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 5 au 16 juillet 2017.

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