"Viandes de France" : le "nouveau" label que vous trouverez dans les hypermarchés

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CRISE DE L'ÉLEVAGE - François Hollande a annoncé ce week-end que les distributeurs allaient mettre en place "dès lundi" une marque "Viandes de France" dans les rayons. Une nouveauté qui n'en est en fait pas vraiment une.

Hollande ferait-il du neuf avec du vieux ? Le chef de l'Etat a profité de sa visite sur le Tour de France samedi pour voler au secours des éleveurs français, minés par la crise qui touche leur secteur. Demandant aux hypermarchés de mieux les rémunérer, il a indiqué que, "dès lundi, les distributeurs [allaient] mettre en place une marque 'Viandes de France'" dans les rayons, afin que les Français, appelés eux aussi au patriotisme économique, puissent mieux repérer les produits certifiés bleu blanc rouge.

Un logo spécifique qui garantit l'origine et la traçabilité des viandes tricolores ? Ce n'est en réalité pas une nouveauté. Dès février 2014, en réaction au scandale de la viande de cheval, les acteurs de la filière avaient lancé un tel label. A l'époque, assuraient les articles consacrés au sujet , la distribution s'était engagée à "généraliser l'étiquetage de ses produits d'ici à la fin de l'année".

Un "flop" jusqu'à aujourd'hui

Oui mais voilà, ce label qui "assure au consommateur que la viande est issue d’animaux nés, élevés, abattus, découpés et transformés en France", selon les mots du ministère de l'Agriculture sur son site , n'a jamais vraiment fonctionné. Six mois après sa création en septembre dernier, Europe 1 consacrait ainsi une enquête sur le "flop" de cet étiquetage, constatant notamment que "moins de 3% des viandes" étaient vendues sous le label dans les rayons porc.

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Contacté par metronews, le ministère de l'Agriculture nous confirme que c'est bien le même label, en forme d'hexagone avec une tête d'animal au centre (vache, chèvre, cochon... il existe en tout dix logos aujourd'hui) dont a parlé François Hollande. Lundi va simplement marquer "le début de la généralisation et de la montée en puissance" du dispositif, nous explique-t-on en assurant que cet "outil de différenciation" a "un réel pouvoir sur le consommateur" et qu'il "va permettre de sauver la filière". Même si les prix de la viande française sont "un peu" plus élevés.

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