Elle sauve 200 lettres d'amour des années 40 de la déchetterie et met un point final à leur (belle) histoire

Elle sauve 200 lettres d'amour des années 40 de la déchetterie et met un point final à leur (belle) histoire

TRÉSOR - Au moins 200 messages passionnés écrits par le même homme durant la Seconde Guerre mondiale ont évité la benne à ordure cette semaine. Leur sauveuse a été plus loin puisqu'elle a retrouvé la fille de la destinataire de ces missives.

"Il me semble que c'est plus que mon sang que je perds. Ma petite Aimée, tu ne peux t'imaginer comme j'ai un cafard d'être ici." Ces mots d’amour couchés sur du papier bleu ont échappé à la poubelle, mercredi 2 décembre. Ce jour-là, une juriste en droit de l’environnement, Cécile Filippi, originaire d’Aix-en-Provence, est détachée à la déchetterie de Saint-Jean-d’Angely (Charente-Maritime). Ses yeux sont attirés par le contenu d'une remorque remplie de vieux journaux. D'anciennes coupures de presse, rien d'exceptionnel jusque-là. Pourtant en fouillant, Cécile et sa collègue Adélie découvrent une mine d'or : 200 missives d’amour datant de la Seconde Guerre mondiale. "C'était les lettres d'un homme à une femme qui lui racontait ses journées", raconte Cécile au micro de TF1.

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Sur les enveloppes vieillies de couleur marron, une écriture légèrement en italique mentionne le nom d'une même personne : "Mademoiselle Aimée Randonnet". L'heureuse destinataire vit à Loubillé, dans les Deux-Sèvres. Cécile aurait pu s'arrêter là, mais l'aventure n'est pas terminée. La juriste refuse de les jeter. "C'était trop de souvenirs, peut-être que si ça appartenait à ma grand-mère, j'aurais bien voulu les récupérer... Je suis peut-être trop sentimentale...", commente-t-elle dans les colonnes du quotidien local La Nouvelle République. Cécile se décide alors à retrouver la famille de cette Aimée Randonnet. 

"Aidez-moi à retrouver ses enfants/petits enfants. Je ne veux pas que ça parte à la poubelle"- Le message posté par Cécile sur Twitter

Après avoir voyagé dans le temps, la juriste utilise une manière bien contemporaine pour entamer ses recherches : les réseaux sociaux. Elle lance une bouteille à la mer sur Twitter pour retrouver trace de la famille d’Aimée. Le message est clair : "Aidez-moi à retrouver ses enfants/petits enfants. Je ne veux pas que ça parte à la poubelle", écrit-elle dans son post. Ces mots sont accompagnés des photos du carton rempli des lettres écrites entre 1943 et 1945. La toile s'emballe autour de cette histoire : son appel à l'aide est partagé plus de 20.000 fois. 

Et son initiative paie puisqu'elle retrouve la trace du petit neveu d'Aimée, Jean-Christophe Popinot. Dans le flot incessant de publications sur Twitter, comment a-t-il pu tomber sur la demande de Cécile ? "Cela s'est fait en quelques heures. J'ai compris que les gens m'ont retrouvé grâce à l'arbre généalogique que j'avais mis en ligne sur internet et dans lequel Aimée Randonnet apparaissait. Au-delà de la surprise, j'ai trouvé ça fabuleux et j'ai donc contacté la personne qui avait trouvé les lettres", raconte-t-il au média régional France Bleu Poitou.  

En échangeant avec Jean-Christophe Popinot, Cécile apprend que la femme qui a déclenché autant de passion à l'époque est décédée en 2014, à l'âge de 86 ans. Mais une autre personne serait ravie de découvrir ces lettres : sa fille Claudine, 65 ans. Jeudi matin, elle a ainsi récupéré ces missives d'un autre temps. L'auteur n'est autre que son père, Pierre Hervé. À l'époque, le jeune homme part à la guerre et ne cesse de déclarer sa flamme à sa compagne, Aimée Randonnet. 

Installée sur la table de la salle à manger, Claudine lit avec émotions ces lettres. "Je me doutais bien qu'ils s'écrivaient pendant la guerre mais retrouver 200 lettres, ça me surprend", déclare le sexagénaire. Elle est agréablement étonnée par la qualité de l'écriture et découvre les qualités de poète de son père.  À ses côtés, sa petite-fille s'émerveille devant ces trésors." Quand je suis arrivée chez ma grand-mère, je lui ai fait un câlin et je lui ai demandé de ne pas jeter ces lettres", explique-t-elle. C'est avec joie et stupeur que toute la famille découvre le quotidien de ses aïeux pendant la guerre à travers ces archives intimes. 

Un carton oublié par la fille d'Aimée

Dans ce conte de Noël avant l'heure, il restait une dernière zone d'ombre. Comment ce trésor s'est-il retrouvé à la déchetterie ? À la mort de ses parents, Claudine vend leur maison et oublie le fameux carton dans le grenier. " L’acheteur a vidé le grenier et tout amené à la déchetterie. Claudine ne connaissait pas l’existence de ces lettres", explique Jean-Christophe Popinot sur Twittter. Les internautes ont été heureux d'apprendre que le dépôt de ces lettres à la benne à ordure était bien accidentel.

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