VIDEO - A Nuit Debout, les incidents répétés (et la façon dont ils sont traités) agacent l'organisation

VIDEO - A Nuit Debout, les incidents répétés (et la façon dont ils sont traités) agacent l'organisation

VIOLENCE - Ce n'est pas la première fois qu'une Nuit debout s'achève, tard dans la soirée, par des affrontements avec les forces de l'ordre. Un élément très médiatisé du mouvement que déplorent les organisateurs. Qu'en pensent ceux qui font Nuit debout ? "Metronews" se confronte à ses propres pratiques avec l'analyse de la chargée de veille médiatique du mouvement.

Dans la nuit du vendredi 22 au samedi 23 avril, après la désormais traditionnelle Nuit debout, place de la République à Paris, des échauffourées ont de nouveau opposé une centaine de personnes aux forces de l'ordre entre minuit et 2h. Selon la police, "une centaine d’individus constitués en cortège se sont dirigés vers le boulevard du faubourg Saint-Martin" peu après minuit. Les forces de l'ordre, qui sont parvenues à les maintenir sur la place, ont alors été la cible de jets de projectiles et ont répondu en faisant usage de gaz lacrymogènes. En fin de soirée, une voiture de police était incendiée.

La violence, à l'intérieur et à l'extérieur

Du côté de Nuit debout, deux phénomènes sont à l'oeuvre, en ce qui concerne ces débordements violents. Il y a, d'un côté, des groupes extérieurs au mouvement qui profitent de la situation pour venir casser. Et, d'un autre, des personnes participant à Nuit debout, et qui légitiment la violence comme un mode d'action. En témoigne cet article de paris-luttes.info , qui refuse de rejeter ceux qui s'opposent physiquement aux forces de l'ordre: "NOUS SOMMES TOU-TE-S DES CASSEURS !".

"En majorité, ce sont des personnes extérieures au mouvement qui provoquent ces débordements", commente à titre personnel Norah, de la commission communication de Nuit debout. Et d’ajouter : "Nuit debout ne rejette personne, ce n’est pas un lieu fermé mais on ne peut malheureusement pas contrôler tout le monde, ce n’est pas le but du mouvement".

Traitement déséquilibré... et "superficiel"

Si Nuit Debout ne nie pas les violences, le mouvement se plaint tout de même du traitement médiatique du mouvement. A double titre : vendredi 22 avril au soir, les CRS ne se sont pas contentés de s'occuper des casseurs puisque, selon un journaliste de metronews présent sur place, quelques occupants de la place ont également été rossés, malgré une attitude pacifique. Sans que les médias ne s'en fasse l'écho avec la même rapidité que pour relayer l'incendie de la voiture de police. 

Articles factuels, réactions de la préfecture puis éventuellement l’avis d’experts, tel est donc le schéma du traitement médiatique fait quotidiennement depuis le début de la manifestation de Nuit debout. Avec pour point d’orgue : les violences. En charge de la veille médiatique depuis plus de trois semaines, Norah dénonce un traitement superficiel sans condamner pour autant les médias : "Tous les jours, je constate qu’il y a un pic du traitement fait par les médias lors des violences mais non sur le mouvement en lui-même ".

"La plupart du temps, les médias ne sont pas dans une approche approfondie du mouvement mais s’attachent au sensationnel", déplore-t-elle à titre personnel. Par conséquent, Nuit Debout reste indirectement associée à ses affrontements. Dimanche 24 avril, Nuit debout organise une journée thématique : " Où est la violence ? ". L'occasion d'approfondir le débat.

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