VIDÉO - Un an après les inondations dévastatrices à Roquebrune-sur-Argens, la peur n'a pas reflué

VIDÉO - Un an après les inondations dévastatrices à Roquebrune-sur-Argens, la peur n'a pas reflué

RÉSIGNÉS - Alors que les intempéries dévastatrices sont de plus en plus fréquentes dans le Var, les habitants de Roquebrune-sur-Argens payent à chaque fois un lourd tribut. La commune a été victime de quatre inondations en moins de dix ans. Dernière en date : novembre 2019. Un an après, où en est la reconstruction ?

Il y a un an jour pour jour, des pluies diluviennes s'abattaient sur Roquebrune-sur-Argens. Et comme à l'accoutumée, le fleuve Argens sortait de son lit, inondant toute la plaine et faisant six victimes. Pour les habitants traumatisés, l'urbanisation grandissante serait l'une des causes de la violence de ces crus, aux conséquences dramatiques depuis quelques années, et dont les stigmates sont encore visibles. Lors des inondations de l'année dernière, une équipe de TF1 avait été à la rencontre d'Aziz Benhrondam dont la maison, située dans un lotissement, avait subi de gros dégâts. Un an après, elle est retournée sur les lieux. 

Le salon a repris une meilleure figure, avec un mobilier flambant neuf et des murs qui viennent d'être refaits. "C'est très récent. Les travaux ont été finis il y a un mois. Car avec le Covid, il a fallu attendre six mois pour que les travaux commencent, donc pendant cette période c'était le camping à la maison", raconte-t-il. Mais ce réaménagement tant attendu masque à peine les traces qui sont encore dans toutes les têtes. "Quand il pleut, on est traumatisé, on a peur. Et quand on est en vigilance, on est toute la nuit devant la fenêtre, on ne dort pas bien", poursuit-il.

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Des riverains inquiets

Il faut dire que les inondations sont récurrentes dans cette région. D'abord en juin 2010, le Var, avec notamment Roquebrune-sur-Argens et Le Muy, avait été touché par des inondations qui avaient fait plus de 20 morts. Des crues avaient également frappé ces zones en 2011 et en 2014, avec à chaque fois des pertes énormes. Jean-Marc Vazotti est un autre de ces sinistrés. Ce maraîcher a perdu ses récoltes et du matériel, alors il a entièrement adapté son exploitation. "On a réalisé une butte pour mettre tous nos véhicules en hauteur. Par ailleurs, comme à chaque fois qu'on a une inondation, l'eau nous casse les vitres, on a décidé de mettre simplement des filets", dit-il. 

Et pendant l'hiver, il doit laisser ses terrains en jachère, ce qui représente un gros manque à gagner. Malgré tout, il n'envisage pas de partir : "Le problème, c'est que pendant des années vous investissez dans une maison, dans une exploitation, et là si je m'en vais, on a plus rien"

À quelques kilomètres de là, lors des dernières inondations, l'Argens avait également emporté une partie de la berge du fleuve, ce qui a rendu le secteur fragile. Conséquence, à la moindre crue, il risque de s'engouffrer dans la brèche. Ce qui inquiète les riverains qui demandent des travaux de toute urgence. "Il y a vraiment un réel danger et ça nous fait peur. On vit avec une épée de Damoclès sur la tète", s'inquiète Valérie Sibili, agricultrice.

Seul un tiers des travaux réalisés

Des aménagements peuvent pourtant permettre de limiter ces inondations à répétition. Il y a cinq ans, l'Etat a signé avec les collectivités locales un plan d'action et de prévention avec 96 millions d'euros dédiés, mais aujourd'hui, seul un tiers des travaux a été réalisé. "Il y a d'abord une phase d'étude, puis une phase préparatoire et enfin on en arrive aux travaux. La difficulté, c'est la lenteur de l'Etat, quoi qu'on en dise, et ensuite on a les expropriations, toutes ces choses-là qui prennent du temps", avance Didier Brémond, le président (LR) du syndicat mixte de l'Argens.

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Il est vrai que le long de l'Argens, les commerçants et les habitants sinistrés ont été en grande majorité indemnisés par les assurances, même s'ils sont en zone inondable. Pour autant, certains sont toujours en pourparlers avec les experts. C'est le cas de Claude Robert, qui attend le remboursement de son mobil-home. Mais ce qui l'inquiète davantage, c'est l'état de la route devant chez lui qui borde le fleuve. "Ça peut s'effondrer", lance-t-il. "Il suffit qu'il pleuve un peu et ça va pas s'arranger".

Aujourd'hui, la colère des habitants a laissé place au désarroi. Et alors que de mauvaises conditions météo sont annoncées pour la semaine prochaine, ils risquent bien d'avoir encore des sueurs froides.

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