Aéroport de Nantes : la colère des riverains privés de rachat de leur maison par l'État

Aéroport de Nantes : la colère des riverains privés de rachat de leur maison par l'État

NUISANCES – Près de Nantes, des riverains subissent le bruit des avions de l’aéroport. L’État va devoir racheter des maisons mais toutes ne sont pas concernées, ce qui suscite de la colère.

Les riverains de l’aéroport de Nantes-Atlantique trop exposés au bruit des avions peuvent désormais bénéficier de deux mesures mises en place par l'Etat  : le droit de délaissement et l’aide à la revente. 

Le droit de délaissement est la faculté offerte aux propriétaires d’un bien, concerné par une opération ou un projet d’urbanisme, de forcer l’expropriant à racheter le bien concerné. Ainsi, dans le cas des riverains de Nantes, ils forcent l’État à racheter leurs maisons en raison des nuisances causées par le bruit des avions. 

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Mais pour les riverains de l'aéroport de Nantes, ce droit est réservé aux propriétaires dont les habitations sont situées là où le bruit est le plus fort, soit 62 décibels et plus. Mais seules celles achetées entre 2010 et 2018 peuvent disposer de ce droit. Ainsi, 48 maisons seraient concernées selon les estimations du ministère des Transports. 

En ce qui concerne l’aide à la revente, l’État s’engage à rembourser la différence du prix de vente de la maison pour compenser sa perte de valeur en raison de la proximité avec l’aéroport. Là encore, cette aide ne concerne pas tout le monde puisu'elle dépend aussi de la date d’achat de l’habitation. 

Des riverains excédés

À Bouguenais, la maire Sandra Impériale sonde les habitants concernés par ce droit. Une retraitée, qui habite à quelques mètres des pistes d’atterrissage, est intéressée mais n’est pas éligible. "Je trouve ça complètement inéquitable ! Cette dame a acheté avant 2010 et du coup, elle subit les nuisances mais elle ne va pas bénéficier de ce droit à la revente ou de ce droit au délaissement par l’État, alors qu’on nous avait dit qu’on aurait le droit à des compensations exemplaires", s’indigne l'élue. De son côté, la retraitée ne comprend pas la décision. "Pourquoi maintenant dit-on à ceux qui ont des maisons achetées il y a longtemps 'débrouillez-vous, supportez tout', ce n’est pas logique", se révolte-t-elle lorsqu’elle apprend la mauvaise nouvelle. 

Comme elle, d’autres habitants n’ont pas le droit à cette aide de l’État. "On a investi en achetant ces maisons, on a investi en travaillant dedans et puis maintenant pour nous tout s’arrête. C’est complètement injuste", poursuit un riverain de Bouguenais. 

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D’une rue à l’autre, le dispositif de compensation est différent. "Ces maisons sont concernées par la zone de délaissement et pas ce côté-ci", montre un riverain dans une même rue dans le reportage en tête de cet article. Pourtant, le son est bien aussi fort.

Un habitant sur le pas de sa porte habite du bon côté de la rue et a acheté sa maison en 2013 mais il n’est pas convaincu par les promesses de l’État. "C’est du pipeau ! Parce que je sais très bien qu’on n’aura pas la même chose sans débourser d’argent", affirme-t-il. Les habitants en colère sont unanimes : les dispositifs d’aide sont trop restrictifs. D’autres mesures sont attendues comme le déplacement des établissements scolaires et l’instauration d’un couvre-feu pour réguler le trafic aérien. 

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