Algues vertes en Bretagne : la veuve du joggeur mort en 2016 témoigne pour la première fois

Algues vertes en Bretagne : la veuve du joggeur mort en 2016 témoigne pour la première fois

DRAME - En 2016, un homme de 50 ans est mort dans les Côtes-d'Armor alors qu'il faisait un jogging. Selon son épouse, son décès est lié aux algues vertes. Cinq ans après les faits, elle s'est confiée pour la première fois devant une caméra de TF1.

Roswitha Auffray en est convaincue, la mort de son mari a été causée par les algues vertes. Le 8 septembre 2016, ne voyant pas Jean-René Auffray revenir de son footing, sa famille part à sa recherche. Ils retrouveront le quinquagénaire sans vie, à l'embouchure du Gouessant (Côtes-d'Armor). L'enquête des gendarmes conclut alors à un arrêt cardiaque. Une version que conteste son épouse. Selon elle, son époux aurait glissé dans la vase et serait décédé après avoir inhalé un gaz toxique dégagé par les algues vertes. 

Le corps du joggeur a été retrouvé allongé face contre terre, le visage dans la vase. Mais le drame s'est produit dans une zone où 36 sangliers avaient été retrouvés morts à l'été 2011, à un moment où les dépôts d'algues vertes étaient importants dans cette zone. Pour Roswitha, cela ne fait aucun doute. "Je pense que ce serait bien de mettre un panneau ici pour dire : 'Attention, ne vous approchez pas trop. Si vous marchez dans la vase, vous pouvez crever une poche de gaz toxique qui pourrait être mortel", soutient aujourd'hui la veuve, qui se bat afin d'éviter un nouveau drame.

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On ne lutte pas contre le monde agricole et les paysans. Nous voulons au contraire les aider - Alain Bonnec, président de l'association Eau et rivières de Bretagne

Les associations de protection de l'environnement multiplient les alertes. Vendredi 4 juin, une décision de justice est allée dans leur sens. Le préfet de Bretagne a désormais quatre mois pour prendre des mesures concrètes afin de lutter contre le phénomène des algues vertes. Une victoire qui est d'abord symbolique. "La victoire n’aura lieu que lorsque le phénomène aura définitivement disparu de nos plages. Je dirais plutôt qu’il s’agit d’une étape", nuance Jean Hascoet, président de l’association "Baie de Douarnenez Environnement".

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Algues vertes en Bretagne : les associations écologistes fêtent leur victoire

L'origine de ces marées vertes est pourtant bien connue : ces algues se nourrissent d’apports en nitrate présent dans les engrais et les déjections d’animaux d’élevage. Les militants écologistes aimeraient qu'il y ait davantage de contrôle des épandages et qu'on limite la taille des troupeaux. Aujourd'hui, il n’y a aucune réglementation pour encadrer l’extension des exploitations. "On ne lutte pas contre le monde agricole et les paysans. Nous voulons au contraire les aider à sortir de ce modèle agricole industriel devenu majoritaire en Bretagne", souligne Alain Bonnec, président de l’association "Eau et rivières de Bretagne".

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Le mois dernier, un rapport du Sénat pointait du doigt le manque d’ambitions et la lenteur des politiques de lutte contre les algues vertes. "Les résultats obtenus au terme de près de vingt ans de politique de lutte contre les marées vertes en Bretagne (…) sont réels mais ne sont pas à la hauteur des enjeux", fustigent les auteurs de ce rapport. D'autant que le phénomène s'intensifie. Ces marées vertes s'étendent parfois sur plusieurs hectares à la ronde. Le phénomène touche tout particulièrement le Finistère et les Côtes-d’Armor. D’ailleurs, cette année, les algues vertes sont apparues dès le mois d’avril, bien plus tôt que d’habitude.

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