VIDÉO - Après l'attentat des Champs-Élysées, des policiers entre lassitude et colère froide défilent à Paris

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PAROLES DE FLICS - Six jours après l'attentat des Champs-Elysées dans lequel un policier a été tué et deux autres blessés, les gardiens de la paix ont manifesté mercredi à Paris sous la bannière du syndicat Unité SGP-Police FO. A la fin de la marche, ils ont déposé des gerbes de fleurs au 102 avenue des Champs-Élysées, là où Xavier Jugelé a perdu la vie.

Après une minute de silence en hommage à leur collègue Xavier Jugelé, le cortège s'est mis en marche depuis Montparnasse, direction les Champs-Élysées. Rangés derrière des banderoles noires et blanches siglées "Policiers en deuil", les policiers sont silencieux. 


Cette manifestation était prévue avant l'attentat du jeudi 20 avril et portait des revendications sur les conditions de travail. Ce mercredi, tous les policiers arborent un badge "Policiers surmenés" et les slogans vont de pair. "Rythme infernal, besoin d'une vie sociale" ou encore "Chiffres exigés, police au rabais" sont scandés sur le parcours.

Un état de "colère froide"

Le froid est revenu dans la capitale et le cortège essuie quelques rafales de pluie. Les mines sont résignées et les discours bien préparés. Seuls certains policiers, représentats du syndicat, acceptent de parler, en partie à cause du "devoir de réserve". 


"Les collègues sont dans un état de colère froide mais aussi de dignité. On est remontés depuis des mois et en plus avec l’assassinat de notre collègue tué par un terroriste qui devrait à ce jour être encore en prison, on ne comprend pas", lâche Rocco Contento, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP-Police FO (voir la vidéo ci-dessus). Eddy Sid décline les revendications sur le même ton, évoquant un état de "lassitude". "Nous demandons une reconnaissance sécuritaire, avec une vraie réforme de la légitime défense, une reconnaissance d’ordre pécuniaire avec de véritables avancées salariales et une réforme des cycles horaires, qui nous permettra d’avoir une vie sociale plus épanouie", explique-t-il. 

"Chaque policier est une cible potentielle"

"Constamment sollicités" depuis les attentats de 2015, les policiers évoquent ensuite l'Euro, les manifestations contre la Loi travail, des plages de travail intenses pour lesquelles ils n'ont eu "aucune reconnaissance", selon eux. 


La menace est aussi bien présente. "Chaque policier est une cible potentielle, il en a conscience lorsqu’il part travailler le matin. Dans tous ses communiqués, Daech le répète, sa cible prioritaire ce sont les représentants de l’Etat, policiers, gendarmes et militaires. On est encore plus vigilants aujourd’hui", confie Rocco Contento. Un autre, officiant dans le département de l'Essonne, évoque des violences répétées. "On pourra mettre autant de fonctionnaires sur la voie publique, on ne pourra pas éviter le drame, mes collègues sont sans cesse pris à partie, notamment dans le 91 où je travaille. On a eu le drame à Viry-Châtillon et il y en aura d'autres, malheureusement" estime Olivier Michelet. 

Pas de consigne de vote, mais l'espoir d'être entendus

Aucun des policiers ne s'exprime sur son choix pour le second tour. Unité SGP-Police FO estime qu'un "syndicat ne doit pas donner de consigne de vote". La présomption de légitime défense, au programme de Marine Le Pen, serait pour les policiers nécessaire, alors que certains évoque une "présomption de culpabilité" de la part de la société française vis à vis d'eux. Tous demandent plus des moyens humains.  Dans son programme, Marine Le Pen prévoit 15.000 policiers et gendarmes supplémentaires,  Emmanuel Macron 10.000. 


Tous se disent "corporatistes" et affirment qu'ils défendront leurs revendications quelque soit l'issue du second tour de l'élection présidentielle. La décision du syndicat Alliance (identifié à droite) d'appeler à voter contre le Front national fait grincer des dents. En off, certains s'attendent à une implosion du syndicat, après une prise de position très controversée en interne. 

En fin de cortège, les policiers ont déposé une gerbe à l'endroit même où leur collègue est tombé la semaine dernière, au 102 des Champs Elysées.  Sombres et émus. 

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