Assassinat de Samuel Paty : comment les enseignants reparlent du drame et de la laïcité en classe

Assassinat de Samuel Paty : comment les enseignants reparlent du drame et de la laïcité en classe

REPORTAGE – Un an après l’assassinat de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, les élèves comme les professeurs restent profondément marqués par cet événement. Si bien que certains font désormais plus attention aux mots qu’ils emploient en cours.

"Quand on évoque Samuel Paty, j’aimerais savoir ce qui vous vient à l’esprit", lance à sa classe, attentive, la professeure d’histoire-géographie Véronique Triaille. Dans cette salle du collège Henri Matisse à Nice, où se rend le 20H de TF1 dans la vidéo en tête de cet article, quelques mains se lèvent. Juliette prend la parole : "Moi, ça m’avait marqué, ça m’est resté plusieurs mois parce que j’avais peur en fait."

Comme cette élève, nombreux sont ses camarades de classe de troisième qui confient avoir eu peur, aussi bien pour eux que pour leurs professeurs. Beaucoup ne comprennent toujours pas ce qu’il s’est passé. "Pourquoi il a vécu ça, c’est son droit de parler de ce qu’il voulait, pourquoi autant de violence ?", s’interroge, marquée, une autre élève. 

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Samuel Paty, un an après

Si l’assassinat reste impossible à expliquer, Véronique Triaille n’a pas renoncé à parler avec sa classe de liberté d’expression et de laïcité. Elle reste déterminée à faire son métier, tout simplement. "C’est une évidence qu’il faut continuer", déclare-t-elle, confiant malgré tout : "En toute honnêteté, je n’ai pas eu peur, je n’ai pas peur et j’espère ne jamais avoir peur. Par contre, mes proches ont eu peur."

Mais d’autres professeurs ont rencontré plus de difficulté pour continuer à enseigner. Au rectorat de Nice, des formations ont été dispensées afin de rassurer les professeurs sur les enseignements à dispenser et les former pour réussir à faire face à des situations qui pourraient poser problèmes. 

"Concrètement, on marche un peu sur des œufs. J’avoue que quand on aborde le thème qui a mené à son assassinat, je réfléchis un peu plus à la façon de l’aborder et de choisir les bons mots", explique Maryam Dieudonné, professeur d'histoire-géographie dans le Var. 

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Choisir les bons mots, ne pas heurter la sensibilité de la classe tout en enseignant l’ensemble du programme. Tel est le difficile équilibre que les professeurs doivent désormais avoir en tête lorsqu’ils s’adressent à leurs élèves. 

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