Bernard Tapie : un businessman symbole des "années fric

Bernard Tapie : un businessman symbole des "années fric

C'est en tant qu'homme d'affaires que les Français ont découvert Bernard Tapie pour la première fois. Il commence par vendre des télévisions, il finira à la tête d'Adidas. Une stratégie novatrice pour l'époque avec des réussites, mais aussi des échecs.

"Qu'est-ce qui fait marcher Tapie ?", c'est la question que tout le monde se pose au début des années 80. D'où vient ce patron d'un genre nouveau ? D'où tire-t-il son dynamisme ? Quels sont les secrets de son succès ? C'est en 1980 que Bernard Tapie, alors conseiller en redressement d'entreprise en difficulté, achète Manufrance. Il n'a qu'à 37 ans, aucun diplôme de gestion et des méthodes expéditives, 800 licenciements, 22 magasins déficitaires, puis il passe à autre chose.

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Terraillon, look, Wonder, La Vie claire... Au total, une quarantaine d'entreprises vont passer entre ses mains. Il les rachète au bord de la faillite pour un franc symbolique et les revend 5 ans plus tard renfloués plusieurs centaines de millions. Il est le premier chef d'entreprise à incarner publiquement une réussite presque arrogante. "C'est lui qui a ouvert cette voie, à cette idée : si je veux être un modèle pour les autres, il faut que j'incarne la réussite entrepreneuriale. Voilà, il faut que je communique, il faut que j'institue, au fond une forme de transparence y compris d'ailleurs sur mes revenus, sur mes succès, mes échecs. De son point de vue là, c'était à l'époque une révolution", explique Thierry Saussez, conseiller en communication, auteur de "Tapie-Le Pen, les jumeaux du populisme", aux éditions N°1.

TAPIE joue sur l'image. Le chef d'entreprise dynamique, bronzé qui n'hésite pas à se mettre en scène. Il lance même sa propre émission sur TF1 pour aider les jeunes entrepreneurs. Elle s'appelle Ambition, tout le symbole de ce qu'on appellera plus tard "Les années TAPIE". Derrière le sourire et la réussite affichée, il y a pourtant des licenciements en série, des fermetures d'usine et des voix qui s'élèvent. Ce matin sur Europe 1, son fils aîné Laurent Tapie a défendu la méthode de son père. "Les emplois qui ont été supprimés, c'était des emplois perdus. Est-ce qu'un jour, après 28 ans, vous voulez comprendre ça ? Les entreprises, qui étaient achetées, étaient mortes. Que quand il prenait une boîte et qu'il y a 1 000 personnes, s'il faut en enlever 300, c'est 700 qui étaient sauvés", dit-il.

En 1990 , sa dernière acquisition est l'équipementier Adidas. Bernard TAPIE clame haut et fort que c'est l'affaire de sa vie, ce sera aussi pour lui le début des ennuis.

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