Le casse-tête des îles bretonnes entre tourisme et préservation du patrimoine

Le casse-tête des îles bretonnes entre tourisme et préservation du patrimoine

DILEMME - Prises d’assaut par les vacanciers pendant l’été, les îles de Bréhat et de Sein doivent tenter de préserver leurs sites naturels, fragilisés par ces pics de fréquentation. Mais les touristes peuvent aussi se révéler alliés dans la protection du patrimoine insulaire.

Un périmètre de trois kilomètres carrés, sur lequel se pressent chaque jour quelque 5000 visiteurs en été. Depuis le début de la période estivale, le va-et-vient est quotidien entre le continent et l’île de Bréhat : 200 passagers par bateau en moyenne. Sur ce bout de terre niché au large du littoral breton, "c’est le paradis, le soleil, la tranquillité", sourit un vacancier dans le reportage en en-tête. 

Mais pour les habitants, cette tranquillité est toute relative. De 350 résidents l’hiver, l’île passe à plus de 3000 en été, qui répondent à l’appel de ses paysages paradisiaques. Et les incivilités de certains touristes irritent les insulaires, comme des déjections derrière des haies de jardin. Si bien que certains Bréhatins ont demandé à la mairie de fixer des quotas aux traversées. 

Mais d’autres refusent de diminuer la fréquentation de l’île, dont l’économie dépend à 70% du tourisme. "On a tous besoin du tourisme pour pouvoir vivre, estime Stéphane Morlevat, adjoint au maire et gérant d’une boutique. Ce qu’il faut trouver, c’est le juste équilibre, l’harmonie entre un pic de fréquentation et la vie insulaire qui est important."

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Boîtiers pour compter les promeneurs et sensibilisation aux "éco-gestes"

Pour accueillir le public dans de meilleures conditions, mais aussi préserver les sites naturels de l’île, la mairie a investi 200.000 euros cette année. Parmi les mesures déployées, des boitiers ont été installés pour compter les promeneurs, et ainsi mieux les répartir sur les différents chemins. Mais aussi des campagnes d’affichage pour encourager les touristes à ramener avec eux leurs déchets, et les sensibiliser à des "éco-gestes" simples : ne pas ramasser de galets ni cueillir de fleurs. 

Ces réflexes sont rappelés dès l’arrivée en bateau sur une autre île bretonne, l’île de Sein, par une animatrice. Un dispositif mis en place depuis cinq ans sur le territoire, notamment pour préserver les nombreuses espèces d’oiseaux qui trouvent refuge sur l’île, et dont les œufs ressemblent à des cailloux pour l’une d’entre elles. 

Une prévention aussi nécessaire en mer, auprès des bateaux de plaisance, qui produisent la majorité des déchets retrouvés ensuite sur les plages de l’île. Il faut aussi encourager les navigateurs à ne pas jeter l’ancre dans un herbier sous-marin fragile, un geste souvent répété par les nombreuses embarcations l’été et qui "peut aller jusqu’à remettre en cause sa présence même", selon Livier Schweyer, l’un des agents du parc naturel marin d’Iroise. 

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Les touristes peuvent donc devenir de véritables alliés dans la préservation grâce à leur comportement, mais aussi une contribution financière : 7% du prix de chaque billet de traversée sont réinvestis dans des travaux d’aménagement sur l’île. Une taxe bateau conséquente : 40.000 euros par an pour l’entretien de murets. 

"On peut penser que les touristes dégradent peut-être un peu le paysage, mais grâce à eux, aussi on peut remettre en état notre patrimoine, donc on est un peu gagnant dans l’affaire, estime Didier Fouquet, le maire de Sein. C’est un peu le pollueur payeur." Cette balance délicate entre tourisme, économie, environnement reste un enjeu permanent pour ces îles bretonnes, d’autant plus cette année : elles attendent encore un nombre record visiteurs en quête de dépaysement. 

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