Boulogne-sur-Mer : l’action choc des pêcheurs face au "mensonge" du Brexit

Boulogne-sur-Mer : l’action choc des pêcheurs face au "mensonge" du Brexit

VENGEANCE – Se disant étouffés par les réglementations européennes et protestant contre le fait qu'ils ne peuvent pour la plupart toujours pas évoluer dans les eaux britanniques, les pêcheurs de Boulogne-sur-Mer expriment leur colère.

Quatre mois après le Brexit, la plupart des pêcheurs de Boulogne-sur-Mer ne peuvent toujours pas utiliser leurs filets dans les eaux anglaises, alors que les Britanniques viennent le long des côtes françaises. Dans la nuit de jeudi à vendredi, plus d’une centaine de marins pêcheurs se sont rassemblés pour protester contre "le mensonge" de l'accord concernant l'accès aux eaux britanniques. Objectif : empêcher les Anglais de débarquer leurs poissons au port. Très peu de camions et bateaux se sont néanmoins présentés, les transporteurs ayant anticipé le mouvement, selon le comité régional des pêches.

Les pêcheurs dénoncent le retard pris dans l'attribution des licences pour accéder aux eaux britanniques. Selon Olivier Leprêtre, président du Comité régional des pêches, le Royaume-Uni n'a accordé de licence pour accéder aux eaux britanniques qu'à 22 bateaux sur 120. "Cette nuit d'action est un coup de semonce et si rien ne se passe au niveau européen, alors nous passerons à la vitesse supérieure", avait-il prévenu. Les pêcheurs ont dans la foulée reçu le soutien de la ministre de la Mer Annick Girardin et du secrétaire d’État aux Affaires européennes Clément Beaune qui ont, dans un communiqué commun diffusé tard jeudi soir, rappelé "la nécessité d'une action ferme et déterminée de la Commission européenne pour assurer la pleine application de l’accord". 

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Le 13h

Autre action des pêcheurs de Boulogne-sur-Mer ce vendredi matin, cette fois contre les réglementations européennes. Pour alerter les clients sur leurs difficultés, ils ont vendu le bar à 5 euros au lieu de 30 euros. La pêche de ce poisson est limitée alors qu’ils en prennent des centaines de kilos par jour, les obligeant à les rejeter à la mer. Selon eux, cela est dû à des aberrations administratives. "La réglementation européenne n’est pas en phase avec la réalité sur le terrain et ça, il faut quand même que le public le sache. C’est pour ça qu’aujourd’hui, nous faisons cette petite action pour montrer qu’il faut que la Commission européenne revoie un peu sa copie avec la réalité sur le terrain. Le message qu’on doit passer c’est la vérité et la réalité", explique Stéphane Pinto, vice-président du comité régional des pêches, dansle reportage de TF1 en tête de cet article.  

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Dans le même temps ce vendredi matin, la plupart des rideaux des poissonniers ne sont pas levés. "On est vraiment dans un contexte où tout va très mal. Les bateaux sont partis soit à la casse, soit ont été revendus pour ailleurs. Si on perdure comme ça, on va mourir aussi parce qu’il n’y aura plus rien à pêcher sur nos rivages et dans un monde où on prône l’écologie et c’est ça qui m’agace un peu, on autorise les gros industriels à aller vider les fonds marins", se révolte Emilie Maurice, poissonnière. "Les petits bateaux comme nous, on ne pêche plus rien, on ne sort même plus, on a laissé nos bateaux à quai, on sort, on perd des sous", confie de son côté Laurent Merlin, patron du bateau de pêche "Laurent Geoffrey".

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