"Je ne me souviens plus de ce que j'ai fait aujourd'hui" : le "faux CBD" fait des ravages chez les jeunes

"Je ne me souviens plus de ce que j'ai fait aujourd'hui" : le "faux CBD" fait des ravages chez les jeunes

ENQUÊTE - 200 fois plus puissant que le cannabis naturel et peu cher, le cannabis de synthèse, faussement appelé CBD, se répand dans les cigarettes électroniques des jeunes. Et cause des dégâts considérables.

C’est une drogue qui fait fureur chez les plus jeunes. Faussement appelé CBD par les fournisseurs, comme la molécule non psychotrope du cannabis dont sont issus les produits relaxants vendus légalement en boutique, le cannabis de synthèse est proposé sur les réseaux sociaux pour échapper à la police. Depuis plusieurs mois, de nombreux médecins soulignent la dangerosité de cette substance. En l’espace de trois ans à Reims, où se rend le 20H de TF1 dans le reportage ci-dessus, 138 mineurs sont arrivés aux urgences après avoir fumé cette drogue de synthèse dans une cigarette électronique.

Méconnu du grand public, ce cannabis de synthèse, inodore et indétectable, est jusqu’à 200 fois plus puissant que le cannabis naturel et est aussi addictif que le crack ou l’héroïne. Alexis* en a notamment fait les frais, devenant accro après avoir commencé à fumer ce faux CBD à l’âge de 15 ans. "Il y a un moment où j’ai voulu essayer, puis ça m’a fait du bien, j’ai commencé à rigoler pour rien. Du coup, je suis tombé dedans", explique-t-il à TF1.

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Le 20h

Il voyait tout dans le négatif, rien n’allait, ce n’était pas la peine de vivre.- La mère d'Alexis, ancien accro au cannabis de synthèse.

Chaque jour, le jeune homme avait besoin de sa dose, et ce malgré les effets désastreux : "Quand j’étais en manque, j’avais des vomissements, je transpirais la nuit, je ne pouvais pas dormir. Quand je ne fumais pas, je ne pouvais pas manger." Cette dépendance durera deux ans, avant qu’Alexis n’arrive à s’en défaire. Toujours suivi à l’hôpital, il a encore des séquelles : "Aujourd’hui, j’ai des pertes de mémoire. Ce que j’ai fait aujourd’hui par exemple, je ne m’en souviens plus du tout."

Pour sa mère, la découverte de l’addiction d’Alexis a été une grande surprise et un choc, cette dernière pensant que son fils fumait simplement le liquide habituel de la cigarette électronique : "Il voyait tout dans le négatif, rien n’allait, ce n’était pas la peine de vivre. Je ne le reconnaissais plus, j’avais perdu mon fils et je n’étais pas sûr de le récupérer."

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Grandissant, ce phénomène inquiète fortement les psychologues. "Le plus jeune a aux alentours de treize ans, c’est une population collégienne. (…) C’est la drogue du pauvre, cela va coûter environ dix euros pour 10 millilitres, pour un effet maximal. En quelques bouffées, les consommateurs absorbent l’équivalent de trois ou quatre pétards", explique l’un d’eux devant la caméra de TF1.

*Le prénom a été modifié.

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