Café interdit aux femmes à Sevran : la contre-enquête du Bondy blog qui démonte le reportage de France 2

Café interdit aux femmes à Sevran : la contre-enquête du Bondy blog qui démonte le reportage de France 2
SOCIÉTÉ

DIVERGENCES - Dans une contre-enquête publiée en fin de semaine, le Bondy Blog a démontré que le reportage consacré aux cafés interdits aux femmes à Sevran ne reflétait pas la réalité.

Décembre 2016, France 2 diffusait une enquête : "Quand les femmes deviennent indésirables dans les lieux publics". Les téléspectateurs découvrent en images l’existence d’un bar PMU à Sevran, en banlieue parisienne, dans lequel la mixité avait été laissée de côté. Une séquence filmée en caméra cachée par Nadia Remadna et Aziza Sayah, deux militantes très engagées. Le reportage prend une résonance toute particulière en période électorale : les candidats à la présidentielle se sont d’ailleurs expliqués. Oui mais voilà que deux mois plus tard, une contre-enquête menée par le Blondy Blog démonte la version de France Télévisions. 

Et ce qui saute aux yeux, c’est la présence de femmes, des clientes habituées des lieux. Un journaliste en poste à Complément d’enquête, qui avait fait du repérage dans ce bar à l’occasion d’un numéro consacré aux femmes, a confié au journal que "dans ce bar PMU précisément, j’ai bien vu qu’il y avait des femmes et que c’était des clientes fidèles, je leur ai parlé".

Ni moi, ni Aziza avons dit qu'il n'y avait aucune femme qui rentrait dans ce bar- Nadia Remadna, membre de la “Brigade des mères”

L’une des deux auteures de la caméra cachée qui avait fait polémique, Nadia Remadna, membre de la “Brigade des mères”, a accepté de revenir sur les faits : "Ni moi, ni Aziza n’avons dit qu’il n’y avait aucune femme qui rentrait dans ce bar. Ce sont les politiques qui ont ensuite surenchéri. Je ne suis pas responsable de ce que disent les gens", a-t-elle assuré. Et c'est ce que reproche le propriétaire de l’établissement, Amar Salhi, à la journaliste, Caroline Sinz, d’avoir "confié une caméra cachée à une tierce personne sans ensuite faire son travail de vérification".

La réputation de l'établissement en a pris un coup

Mais le mal est fait. Aujourd'hui, Amar Salhi vit cette polémique comme "une blessure, une souffrance, parce que nous sommes à des années-lumières de cette image qui a été donnée de nous, de moi". Une polémique qui a eu de lourdes conséquences : sur ses filles, étudiantes, sa femme, employée d’une collectivité menacée, et sur son chiffre d’affaires, en baisse de 10 à 15 %. L'homme s’en remet à la justice. Il a attaqué la chaîne pour diffamation et provocation à la haine raciale. 

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