Les cavistes, épiceries ou supermarchés désormais obligés de vendre des éthylotests

Les cavistes, épiceries ou supermarchés désormais obligés de vendre des éthylotests

SÉCURITÉ ROUTIÈRE - Près de 50.000 commerces dans lesquels il est possible de se procurer de l'alcool devront obligatoirement proposer à leurs clients des éthylotests à partir de ce jeudi 1er juillet. Beaucoup redoutent que cette mesure ne soit qu'un coup d'épée dans l'eau.

Des éthylotests à portée de main, vraiment utile ? Jusqu'à présent, seules les discothèques et les épiceries de nuit étaient tenues d'en proposer à leurs clients. Mais dans quelques jours, ce sont tous les vendeurs d'alcool qui seront soumis à cette obligation, en installant ces éthylotests "à proximité du rayon présentant le plus grand volume de boissons alcooliques" ou "près du lieu d'encaissement", comme l'avait précisé début avril la Sécurité routière. 

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Une mesure qui suscite des réticences chez les professionnels. "Je trouve que ça ne sert pas à grand-chose", soulignait en avril Julien Chivé, caviste bordelais, dans le reportage en tête de cet article. "Déjà les clients vont devoir l'acheter, ce qui peut constituer un frein. Et en plus, ils savent très bien qu'après deux verres, ils doivent s'arrêter s'ils veulent rependre la voiture." 

Tout en déambulant dans la boutique du caviste à la recherche d'une bouteille, les clients émettaient eux aussi des doutes sur l'efficacité de cette mesure auprès de TF1. "Je ne pense pas que j'en aurai l'utilité", confie une femme dans le reportage, marchandises sous le bras. "Je me déplace à vélo ou en tramway si je prévois de boire". "C'est absurde", complète un homme. "Chacun est responsable." 

Des coûts supplémentaires

"J'estime que ce n'est pas à nous, commerçants déjà impactés par la crise économique liée à l'épidémie, de se rajouter des dépenses supplémentaires pour des produits qui vont rester en magasin", peste également Virginie Matheron, gérante d'une boutique à Talence (Sud-Ouest). D'autre part, il faudra leur trouver une place au beau milieu de rayons déjà bien remplis. "Je vais devoir enlever certains de mes propres produits pour mettre ces fameux éthylotests", lance la dirigeante. 

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En vente depuis un an dans un supermarché du Sud-Ouest, les éthylotests n'ont pas fait des prouesses. "On en a vendu à peine trois en un an", déplore Jérémy Umbreht, gérant de la surface alimentaire. "J'ai vu que la date limite de consommation était en 2022. Il reste encore un an, mais on risque d'en jeter beaucoup." 

Près de 50.000 établissements devront néanmoins se plier à cette mesure à partir du 1er juillet, sous peine de payer une amende de 675 euros. Sont exemptés, car non-soumis à la licence à emporter, les propriétaires-récoltants proposant à la vente des boissons issues de leur propre récolte et les débits de boisson temporaires (foires, salons et kermesses).

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