"Cela aurait dû être une belle journée" : une manifestation qui ne fait pas les affaires du petit commerce

"Cela aurait dû être une belle journée" : une manifestation qui ne fait pas les affaires du petit commerce

DOUBLE PEINE - Hasard du calendrier, la mobilisation de samedi contre la loi "sécurité globale" coïncidait malheureusement avec la réouverture des petits commerces, après un mois de fermeture. Dans les quartiers entre République et Bastille à Paris, de nombreux magasins ont préféré baisser le rideau, quitte à perdre encore du chiffre d'affaires.

En ce dernier samedi de novembre ensoleillé, les commerces dits "non essentiels" ont pu rouvrir et accueillir à nouveau des clients, après un mois de fermeture. À Paris, entre la place de la République et la place de la Bastille, c’était la foule des grands jours. Sauf qu’elle n’était pas venue pour faire des emplettes mais plutôt pour battre le pavé, à l’appel d'associations et de syndicats pour dénoncer la proposition de loi "sécurité globale" et sa mesure phare, qui prévoit de restreindre la possibilité de filmer les forces de l'ordre. Un rassemblement qui tombe au plus mal après des semaines de fermeture et un chiffre d'affaires  en berne. 

Peu avant 14 heures et avant le départ du cortège, les rideaux de fer, à peine relevés, ont dû être de nouveau baissés, au grand dam des commerçants dont les boutiques jonchent le parcours de la manifestation. La réouverture, un mois qu’ils l’attendaient. "Cela aurait dû être une belle journée, mais on a été obligés de fermer à cause de la manifestation, c’était trop dangereux. Il y avait énormément de monde dans les rues", explique Maurice, gérant d’une boutique d'objets anciens située sur le boulevard Beaumarchais, l'axe qui relie les deux places.

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Quelques rares clients

Pour lui comme pour d’autres, c’était leur première journée de travail depuis le 29 octobre dernier et la fermeture des petits commerces. Oscillant entre déception et fatalisme, beaucoup de commerçants ont le sentiment malgré tout d'une journée gâchée. "On s'attendait à un autre chose pour une première journée de réouverture. La manifestation n'est pas tombée au bon moment", estime avec philosophie la gérante d’une boutique d’accessoires équitables. Elle a choisi de ne pas fermer boutique, malgré la manifestation. Mais les clients, eux, se sont faits rares.

Premier jour de la reprise, grosse manifestation : pour nous, c'est la double peine- Un commerçant du boulevard Beaumarchais, à Paris

Sur le boulevard Beaumarchais et près de la Place de la Bastille, la plupart des commerçants ont préféré ne pas prendre de risque. A l’instar de ce fleuriste, qui a fermé sa boutique juste avant le départ du cortège. Ses ventes pour la journée de samedi se réduisent à peau de chagrin. "J'ai vendu vingt sapins, c'est ridicule", déplore le gérant. "Premier jour de la reprise, grosse manifestation : pour nous, c'est la double peine", lâche-t-il, agacé. Beaucoup attendaient le retour des clients dès ce dimanche matin, avec l’espoir de rattraper les ventes de la veille. 

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