VIDÉO - Cellule Synapse : comment la police adapte ses méthodes pour limiter les débordements dans les manifestations

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MAINTIEN DE L'ORDRE - Face au nombre grandissant des manifestations en France, la préfecture de police de Paris a constitué la cellule Synapse. Son but : réfléchir à des méthodes différentes pour mieux maintenir l'ordre lors des rassemblements classés à risque.

Face au nombre grandissant des manifestations dans les rues en France, parfois marquées par des violences, les autorités réfléchissent à d'autres moyens pour maintenir l'ordre lors de ces événements publics. L'an dernier, la direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris a géré pas moins de 7.600 rassemblements dans la capitale, majoritairement lors des manifestations contre la loi Travail mais aussi lors de celles du collectif Nuit Debout, donnant lieu à des affrontements entre militants d'extrême gauche et forces de l'ordre.


Alors qu'habituellement les policiers étaient confrontés à un "cortège de tête" formé en amont des manifestations, composé notamment d'autonomes souhaitant se confronter aux forces de l'ordre, la préfecture de police de Paris a décidé de modifier sa façon d'encadrer les rassemblements. "J'ai souhaité éviter de mettre au contact ou même à vue du cortège de tête les forces de l'ordre. (...) Il n'y a plus d'unité marchant devant le début de  la manifestation", explique ainsi à l'AFP le préfet de police Michel Delpuech.

La vidéo privilégiée pour arrêter les casseurs

De fait, les forces de l'ordre restent à proximité "pour permettre à tout moment d'intervenir et de mettre fin à des désordres et à la casse. Il faut être en capacité de réagir très vite mais pas se mettre dans une situation où  nous sommes des cibles", ajoute-t-il tout en précisant ne plus vouloir de policiers en civil dans la "nébuleuse". "Vouloir faire du 'saute dessus' ça peut être dangereux pour les policiers et  pour les manifestants, avec un résultat judiciaire incertain", souligne-t-il.  


Désormais, la vidéo est privilégiée pour appréhender les fauteurs de troubles en générant moins de violences sur le moment. Une nouvelle manière de fonctionner qui provient notamment d'une nouvelle cellule de la DOPC baptisée Synapse. Une unité composée de quatre policiers et de deux stagiaires "extérieurs" - étudiants à Science-Po, à Polytechnique, ou encore en faculté de droit, chargée d'étudier les différentes manières d'opérer sur le terrain pour gérer les différents débordements.

La police scientifique sollicitée

Concernant les outils utilisés sur le terrain, si le canon à eau est toujours utilisé avec précaution, le marqueur chimique évoqué pour identifier les casseurs fait débat. "Il a ses vertus mais aussi ses inconvénients, car vous pouvez  éclabousser la personne d'à côté qui n'aura rien fait et la mettre en cause inutilement", explique Alexis Marsan, qui dirige Synapse.


Pour ce qui est des suites judiciaires à donner, la police scientifique est de plus en plus sollicitée, notamment pour les traces sur les projectiles ou vêtements laissées par les casseurs. Un "procès verbal d'ambiance" est également rédigé tout au long de la manifestation, qui sera joint au dossier après une interpellation, permettant aux juges de contextualiser les faits. 


Conscients du risque de diffusion d'"interventions musclées" des forces de l'ordre lors de manifestations, comme ce fut le cas ces derniers mois via la plateforme Periscope, la préfecture de police de Paris veut inciter ses unités à filmer et photographier leurs interventions pour montrer l'intégralité de ces dernières aux médias, dans le but d'éviter toute mauvaise interprétation.

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