Ali est venu en aide à la policière agressée à Champigny : "Ils ont ramassé la haine de tout le monde"

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TÉMOIGNAGE - Deux jours après la violente agression de deux policiers à Champigny-sur-Marne, LCI a recueilli le témoignage d'Ali, présent au moment des faits. Il est notamment venu en aide à la gardienne de la paix rouée de coups alors qu'elle était à terre.

Les vidéos de l'agression ont fait le tour des réseaux sociaux. Dimanche soir, un capitaine de police et une gardienne de la paix du commissariat de Chennevières-sur-Marne ont été roués de coups lors d'une intervention en marge d'une soirée privée de réveillon, organisée dans un hangar à Champigny-sur-Marne. 


Le policier a eu le nez cassé et sa collègue, tabassée au sol par un groupe de personnes, souffre de contusions au visage. Au lendemain de la diffusion de vidéos de l'attaque devenues virales sur internet, les enquêteurs cherchaient à identifier les auteurs. Une équipe de LCI a pu recueillir le témoignage d'Ali, un témoin de la scène, qui est même venu en aide à la gardienne de la paix.


Il revient notamment sur le déroulé des faits : "Quelqu'un a crié 'Tapez les ! Tapez les ! Ils sont tout seuls', explique le jeune homme. Et avec tous ceux qui avaient la haine, qui s'étaient fait gazer ou avaient reçu des tirs de flashball et tout... et ben ils [les deux policiers agressés] ont ramassé la haine de tout le monde".

Il y avait une autre foule qui était restée pour jeter des projectiles (...) Eux aussi ils arrivaient et s'ils l'avaient vue, ils l'auraient massacréeAli, témoin de l'agression

Le témoin revient ensuite sur l'agression de la jeune femme : "Franchement sur la vidéo, on a l'impression qu'ils sont 6 ou 7 à la taper, mais vraiment ils étaient une bonne grosse vingtaine, que des coups de pied, assure-t-il. Au bout d'un moment, elle me regardait, elle m'a tendu la main et j'ai vu quelqu'un qui essayait de prendre son pistolet derrière". 


C'est à ce moment-là qu'il décide d'intervenir. "Je l'ai attrapée, je l'ai relevée et j'ai marché avec elle, assure-t-il. Il y avait encore des gens qui voulaient la taper (...) Il y avait une autre foule qui était restée pour jeter des projectiles, eux aussi ils arrivaient et s'ils l'avaient vue, ils l'auraient massacrée.


Il explique ensuite avoir "caché" la jeune femme, qui était en état de choc. "Elle parlait pas, elle saignait de la bouche, elle marchait sur une jambe, elle a même pas eu le temps de dire merci ou quoi, explique le jeune homme. Là, on l'a ramenée dans un autre croisement où il y avait des policiers. Une voiture de la Bac est passée, je l'ai arrêtée et elle est montée dedans".

"Cette société de la violence ne saurait continuer à exister", s'est insurgé le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, appelant à briser "une mécanique infernale" dans certains quartiers populaires. 


Deux personnes ont été placées en garde à vue lundi, l'une pour jet de projectiles et l'autre pour outrage et rébellion. Ce mardi, les deux gardes à vue ont été levées et la personne jusque-là retenue pour outrage et rébellion devrait être prochainement présentée devant le tribunal correctionnel de Créteil. Mais pour l'instant, aucun responsable de l'agression n'a été interpellé.

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