VIDÉO - Alors, c'est beaucoup mieux une classe de CP à 12 élèves ? Nous sommes allés voir

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ZOOM - Depuis la rentrée, l'école du Clos Dion, en Seine-et-Marne, n'a plus que douze élèves par classe de CP. Comme plusieurs centaines d'autres établissements classés REP+ (réseau d'éducation prioritaire renforcé), elle applique la réforme "100% de réussite au CP" voulue par le gouvernement, vue d'un bon oeil par le corps enseignant. Un mois après la rentrée, LCI était allé voir comment cela se passait.

Au milieu des champs, Montereau-Fault-Yonne, en Seine-et-Marne, surgit sans que l’on s’y attende. Ses barres, ses tours qui se dressent, contrastent avec la nature environnante. Dans ce dédale de bitume, le groupe scolaire du Clos Dion accueille les enfants du quartier. Depuis trois ans, elle est classée REP+ (réseau d’éducation prioritaire renforcé). "Ce statut est déterminé en fonction du niveau socio-culturel du quartier. Cela n’a pas de rapport avec le niveau scolaire des enfants", explique M.Cretté, le directeur de l’école. Dans ce type d’établissement, l’accent est mis sur l’acquisition du "lire, écrire, parler". Et depuis la rentrée, l’école primaire du Clos Dion doit appliquer la réforme du gouvernement : "100% de réussite en CP". Ainsi, la classe de CP a été divisée en trois. Chacune y accueille, comme le veut la mesure présente dans le programme présidentiel d'Emmanuel Macron, 12 élèves. L’une d’entre elles nous a ouvert ses portes.

Avec cette organisation, on repère beaucoup plus vite les difficultés de chacunMme. Foucher

Lorsque l’on pénètre dans la classe, c’est d’abord le calme qui surprend. Rassemblés en groupes de travail répartis dans la classe, les élèves de CP de Mme. Foucher sont concentrés sur les petits morceaux de papiers disposés sur leur table. Sur chacun d’eux est inscrit un mot. Les enfants doivent y piocher pour former une phrase, sujet-verbe-complément. Si la phrase tient debout, l’élève a le droit d’en faire un dessin. Joy par exemple, devra illustrer "Il y a une tortue sur papa". La maîtresse, elle, passe à chaque table pour vérifier que tout va bien. "Avec cette organisation, on repère beaucoup plus vite les difficultés de chacun, explique-t-elle. Cela permet aussi d’être beaucoup plus proche de nos élèves."

Du fait qu’ils soient moins nombreux, on les interroge beaucoup plusMme. Foucher

Les enfants, eux, semblent ravis. Plongés dans leurs activités, ils semblent prendre un plaisir évident à lire les mots affichés sur le tableau interactif ou à tracer des lettres cursives dans leur cahier à petits carreaux. Et si certains confient mieux aimer lire qu’écrire, tous assurent préférer le travail au jeu. Incroyable. "Et on apprend vite !", insiste l’une des élèves. Tellement vite que ça en est parfois fatiguant, explique Mme. Foucher. "Du fait qu’ils soient moins nombreux, on les interroge beaucoup plus souvent. C’est à nous d’être vigilants et de leur aménager des petits temps calmes où ils peuvent colorier, jouer…" Si le directeur de l'école assure qu'il est encore trop tôt pour dresser un bilan, de prochaines évaluations, qui doivent normalement se tenir en fin d'année, permettront de se faire une idée de l'efficacité de la réforme. En 2018, les classes de CE1 devraient à leur tour être dédoublées.

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