Couvre-feu à 23h : la rébellion couve

Couvre-feu à 23h : la rébellion couve

REPORTAGE - Le couvre-feu à 23h semble difficile à faire respecter. Ces derniers jours, les actes de rébellion se sont multipliés. Vendredi soir, le public de Roland-Garros était prêt à faire de la résistance, sans parler des fêtes organisées près des Invalides.

Débandade dans les rues, des arènes qui se remplissent... À Nîmes, il n'y avait pas eu de feria cette année mais un week-end de corrida. Pourtant, plusieurs heures avant le couvre-feu, les patrons de bar angoissent déjà. Les clients savent qu'à 23h, ils devraient être chez eux. "C'est comme ça, il faut s'y habituer. On n'a pas tous la chance d'être à Roland-Garros comme hier soir", regrette un père de famille.

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On entendait aussi ce ras-le-bol hier soir dans les travées de Roland-Garros, à l'heure où les spectateurs sont d'ordinaire priés de rentrer chez eux. Quand soudain, une annonce inattendue crée l'enthousiasme. Avec humour, le public se réjouit finalement. Le cabinet du Premier ministre a accepté que les spectateurs du match Djokovic-Nadal dérogent au couvre-feu pour les raisons suivantes : un protocole sanitaire respecté par les spectateurs, le caractère exceptionnel de la rencontre et la durée du match. "C'était vraiment une décision de bon sens. Que si elle n'avait pas été prise aurait créé au fond plus de trouble qu'elle n'en aurait évité", estime Amélie Oudéa-Castéra, directrice générale de la FFT.

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Pourtant, et c'est une surprise, les organisateurs avaient de toute façon prévu de ne pas respecter le couvre-feu. Une désobéissance sans grand risque médical car les spectateurs étaient munis d'un pass sanitaire. Ce qui n'était pas le cas des centaines de jeunes réunis près des Invalides hier soir. Ils étaient quasiment sans masque et la distanciation sociale semblait inexistante. Alors, une fois l'heure du couvre-feu bravée, la police les a dispersés.

Ce couvre-feu a-t-il toujours un sens ? "Il est toujours difficile de justifier le maintien du couvre-feu à 23h actuellement. Néanmoins, il est nécessaire de faire comprendre à l'ensemble de la population que le risque lié à la maladie de Covid-19 n'est pas terminé", prévient Pr Yves Buisson, épidémiologiste, membre de l'Académie nationale de médecine. Une façon de rester vigilant pour passer un été sans contrariété.

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