"Je n'en ferai plus jamais" : le Covid a-t-il tué la bise ?

"Je n'en ferai plus jamais" : le Covid a-t-il tué la bise ?

CRISE SANITAIRE - La bise va-t-elle disparaître ? Le Covid-19 nous a fait temporairement abandonné cette tradition française. Et certains ne la regrettent pas tant que ça.

Elle a disparu avec la pandémie, mais à l'heure de la vaccination de masse et de la levée progressive des restrictions, la bise semble de retour. Même si cette traditiontrès française, déjà en perte de vitesse, pourrait avoir pris du plomb dans l'aile, l'une des images les plus marquantes est venue vendredi dernier du plus haut sommet de l’État : Emmanuel Macron l’a réhabilitée le 18 juin quand il a salué de cette manière deux anciens combattants de la Deuxième Guerre mondiale. Le chef de l'État portait un masque, mais pas les deux hommes âgés de 98 et 99 ans.

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Covid, et après ?

Qu'en est-il pour le commun des mortels ? Après des mois sans contact physique, il semblerait bien que des réflexes de prudence se soient installés. "Moi, je déteste les bises à la base. Donc je dis merci au Covid : on arrête les bises. Ça me va très bien, je n’en ferai plus jamais à personne", confie ainsi une jeune femme au JT de 13H de TF1. "C’est un peu trop tôt pour envisager un retour des gestes amicaux", argumente une autre jeune femme. Tandis qu'un jeune homme avoue : "Si la personne me tend la main, je ne vais pas lui refuser, mais je ne vais pas tendre la main volontairement", lance-t-il.

Le check va-t-il détrôner la bise ?

En revanche, en famille, on aurait plutôt tendance à baisser la garde. Question de proximité, sans doute. "En famille, en tout cas, c’est reparti. Avec des amis très proches qu’on voit régulièrement, on se fait aussi la bise comme avant. Et sinon, c’est les checks [façon de se saluer poing-à-poing]", confirme un jeune homme. Le check ou l'accolade, très fréquents chez les Américains, semble en effet avoir pris du galon, notamment auprès des jeunes actifs qui préfèrent cet autre code à une bise pas très prisée entre collègues. "A 20 ans, la bise, c'est pas trop quelque chose qu'on est habitué à faire. Maintenant, j'ai l'impression que c'est plus trop de notre génération", explique une jeune femme.

Les différences culturelles jouent également, car la bise a sa propre géographie. Trois bises par exemple, dans le Massif central, la Drôme ou encore l'Hérault. Quatre bises dans l'Aube, l'Yonne ou la Haute-Marne. Tandis qu'à Marseille, on la distribue généreusement. "On est comme ça. On ne sait pas dire bonjour tout simplement. On n'a besoin de se taper à l'épaule, de s'embrasser, de se serrer", reconnaît une habitante. 

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Après 15 mois de crise sanitaire, libre à chacun désormais de choisir son geste pour saluer. Fini donc la bise obligée, elle retrouve le caractère intime de ses origines. "Faire la bise à quelqu'un, c'est aussi lui refaire confiance, marquer une relation vraiment intime entre deux personnes. Faire la bise aujourd'hui a du sens, en tout cas plus que ce qu'elle n'en avait avant la pandémie", analyse Mathieu Avanzi, linguiste et maître de conférence à la Sorbonne.

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