"C’est affreux" : la colère des Mosellans obligés de se faire tester pour passer la frontière

"C’est affreux" : la colère des Mosellans obligés de se faire tester pour passer la frontière

COVID-19 - Classée zone à risque maximale par l'Allemagne ces derniers jours, la Moselle est contrainte d'imposer depuis lundi soir un test négatif de moins de 48 heures à chaque personne voulant se rendre outre-Rhin. Des restrictions qui créent des files d'attente à la frontière.

Depuis lundi soir, un test négatif au Covid-19 de moins de 48 heures est exigé pour entrer en Allemagne, qui a classé le département de la Moselle en zone à risque maximale. Une obligation qui s’applique également aux travailleurs transfrontaliers, qui devront se déclarer électroniquement avant de se présenter à la frontière. Si la préfecture a annoncé que les autorités des deux pays avaient convenu que ces contrôles ne créeraient pas d’attente, la réalité est tout autre.

Ce mardi, dès l’aube, des files d’attente interminables se sont formées devant le centre de dépistage de Forbach, en Moselle. Dans ces queues, des centaines de travailleurs frontaliers venant se faire tester avant de rejoindre leur poste, tous excédés par ces mesures. "C’est désolant, c’est affreux qu’on nous traite comme ça. Nos mains sont lavées, on a le masque, on a du désinfectant au travail. On fait tout notre possible mais cela ne marche pas", peste une habitante.

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Des files d'attente également devant les pharmacies

Pour un autre Mosellan travaillant tous les jours outre-Rhin, ce test obligatoire imposé aux Français est incompréhensible : "On le fait que pour les frontaliers et les travailleurs frontaliers, mais dans l’usine où je travaille, les Allemands ne le font pas. Pourquoi ?" Construit en quelques jours par les Allemands, pile sur la frontière pour permettre d’absorber la demande de tests, le centre de test de Forbach ne suffit pas.

Conséquence, les files d’attente se forment également devant les pharmacies de la région. Une situation qui exaspère les habitants : "C’est le bordel, on ne peut rien faire. On n’a pas le test et on ne peut pas aller bosser." Pour ne rien arranger, l’obligation de présenter un test de dépistage de moins de deux jours n’est pas la seule nouvelle difficulté pour les 20.000 travailleurs frontaliers.

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Tout est fait pour minimiser ces contraintes, assure le préfet

Depuis ce mardi matin, les bus, trams et TER ne circulent plus entre la Moselle et l’Allemagne. "Malheureusement, il n’y a pas de tram ce matin. C’est une contrainte pour tous les travailleurs frontaliers", se désole un habitant devant se rendre en Allemagne pour travailler. Pour l’heure, ces restrictions sont en vigueur pour une durée indéterminée. Au grand dam des Français contraints de traverser la frontière chaque jour pour aller travailler.

Ce mardi, lors d'une conférence de presse, le préfet de Moselle Laurent Touvet a assuré que les autorités françaises faisaient tout pour minimiser ces contraintes, expliquant que le Land allemand de Sarre s'était montré "réceptif",  notamment en distribuant 100.000 tests aux entreprises allemandes employant des Français. "Nous travaillons (...) pour augmenter la capacité des tests antigéniques dans les pharmacies de la bande frontalière" et proposer en plus "des points de tests à mettre en place ce week-end", a par ailleurs indiqué la directrice générale de l'ARS Grand Est, Virginie Cayré.

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