"Traitée comme une criminelle" : la colère d'une commerçante placée en garde à vue

"Traitée comme une criminelle" : la colère d'une commerçante placée en garde à vue

TRANSGRESSION - Le désarroi des 90.000 commerçants obligés de baisser le rideau en raison de la crise sanitaire est palpable. Des tensions ont émaillé comme à Dieppe ce week-end où une commerçante s’est retrouvée en garde à vue pendant 5 heures. D’autres ont été verbalisés.

En 34 ans de métier, elle n’avait jamais connu une telle humiliation. N’ayant pas le droit d’ouvrir son magasin en raison du troisième confinement instauré ce vendredi 19 mars à minuit dans 16 départements, Florence Vendeuvre décide ce dimanche de faire des photos de ses produits pour les promouvoir en ligne. Mais "la police nationale passe", relate-t-elle auprès de TF1. "Ils me disent 'Madame, vous ouvrez'. Je leur réponds que 'non',  je sors des vêtements parce que je vais faire des photos. J'ai même été un peu ironique en leur disant 'si vous voulez m'aider, pas de souci, car moi je ne suis pas très douée là-dedans.'

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La France retrouve le confinement

Menottée, Florence est placée en garde à vue pendant cinq heures. À ce moment-là, "je ne dors pas, je pleure, je ne comprends pas", confie-t-elle. "J'ai été traitée comme une criminelle." [MàJ du 25/03/21 : selon nos informations, la commerçante est poursuivie, non pas pour violation du confinement, mais pour outrages et rébellion. Elle sera convoquée devant la Justice le 22 avril 2021]

Des habitants scandalisés

À la suite de cette arrestation, les habitants sont scandalisés. "Vous voyez mon âge ?", lance une vieille dame. J'ai connu la guerre et la milice (police mise en place par le régime de Vichy en 1943, ndlr). Et en disant la milice, je vous ai tout dit. La petite dame, ce qu'elle a eu, c'est traumatisant. C'est une honte, elle aurait tué, ça n'aurait pas été pire." 

Du côté des commerçants qui ont pu rester ouverts,  la stupéfaction, mêlée à la colère, se révèle la même. "Je trouve ça inacceptable", peste Matthias Gourlay, gérant de la chocolatière "Maison Maxime". "Que ce soit la police nationale ou la police municipale, ils doivent être compréhensifs de la situation actuelle des petits commerçants", dit-il.  

"C'est choquant", poursuit une autre vendeuse. "On essaie de faire tout ce qu'il faut pour continuer de travailler. Mais malgré tout, on a l'impression qu'on nous met tout le temps des bâtons dans les roues." Une marchande de Dieppe fait montre de la même exaspération : "On en prend plein la figure, c'est toujours sur nous qu'on tape. C'est choquant de voir une commerçante embarquée", assure-t-elle.

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Florence va engager un avocat dans l'espoir d'échapper à un stage de citoyenneté ainsi qu'au paiement d'indemnisations. Au-delà du choc que cette affaire a suscité, le ras-le-bol des commerçants se manifeste dans les départements confinés.

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