Croque-mort, agent immobilier... ces restaurateurs qui changent de job pour survivre

Croque-mort, agent immobilier... ces restaurateurs qui changent de job pour survivre

RÉORIENTATION - La fermeture forcée des restaurants en raison de la crise du Covid-19 s'éternise. De nombreux restaurateurs, inactifs depuis fin octobre, n'ont d'autres choix que de se reconvertir. Vers quels métiers se tournent-ils ?

Contraintes financières, marre de se tourner les pouces... La crise sanitaire conduit de nombreux professionnels de la restauration à mettre de côté leur tablier pour s'adonner à d'autres activités temporaires ou définitives. En effet, depuis la fin octobre, soit depuis plus de quatre mois, le milieu est à l'arrêt le plus total, après l'avoir été longuement lors de la première vague de Covid-19 au printemps 2020.

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Croque-mort

Pierre Pradeau a opté pour un costume plus austère que celui de patron. En quelques mois, il a appris à préparer des cercueils. "Quand on vient aux restaurants, c'est pour se faire plaisir et là malheureusement, c'est dans la tristesse. Mais aujourd'hui, c'est très important que je travaille. C'est une bouée de sauvetage parce que j'ai acheté une maison, j'ai eu un bébé de huit mois", relate le restaurateur. "Je n'ai pas de salaire sinon, c'est dramatique."

Le patron croule sous les dettes. La vente à emporter n'était pas rentable et le statut particulier de son établissement l'empêche de percevoir les aides de l'État. Entretenir son restaurant vide lui revient à 5.000 euros par mois environ. "Il n'y a aucun sens de venir ici, du coup, je ne viens plus", regrette-t-il. "Ça fait mal au cœur de voir un établissement aussi beau, désert." 

Agent immobilier

Nelson Carriço, lui, s'est découvert une passion. Depuis le début de la pandémie, l'ancien salarié d'un grand restaurant parisien ne manie plus des assiettes, mais enchaîne les visites de biens immobiliers. "Je suis encore en cours d'apprentissage", explique-t-il. Je me suis beaucoup impliqué. Au vu de la situation, c'était ma seule carte de sortie."

Ce féru de cuisine ne renonce cependant pas à son rêve : lancer, un jour, sa propre affaire. "Ça me manque. J'ai passé des diplômes pour faire ce métier. J'ai consacré huit ans de ma vie donc tirer un trait dessus, c'est impossible. Aujourd'hui, je fais une parenthèse pour mieux rebondir ensuite, c'est clairement mon objectif." 

Technicien en usine

La crise ramène Didier Clause à ses 25 ans lorsqu'il était encore étudiant. Le restaurateur de Besançon se voit à nouveau contraint de faire les trois-huit dans une usine d'emballages de sa région. Les 1.500 euros d'aide qu'il reçoit chaque mois, depuis la fermeture de son établissement fin octobre dernier, ne couvrent pas ses charges fixes. En attendant la réouverture des restaurants, il travaille donc en intérim la nuit. "Tu vas au charbon, tu n’as pas le choix", lance-t-il. 

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Malgré un futur qui s'annonce très sombre pour le secteur, les étudiants en restauration ou en hôtellerie ne désespèrent pas. Ils sont plusieurs centaines à poursuivre leur apprentissage malgré la crise sanitaire afin de connaître sur le bout des doigts les meilleures recettes françaises. "On ne baisse pas les bras", affirme l'une de ces élèves. Même si, "on redoute les recrutements", confie son camarade. Ils devraient se lancer sur le marché du travail en juin prochain. Au même moment que la réouverture des bars, des restaurants et des hôtels ? Seul l'avenir le dira. 

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