Nouvelles règles sur les masques à l'école dès ce lundi : "Une mesure inapplicable"

Nouvelles règles sur les masques à l'école dès ce lundi : "Une mesure inapplicable"

PROTOCOLE - À partir de ce lundi 8 février, les élèves - de l'école primaire au lycée - devront porter des masques chirurgicaux ou de catégorie 1. Pour un responsable de la FCPE, le bon respect de cette mesure sera cependant difficile à contrôler.

Il est loin le temps où on apprenait à confectionner des masques à l'aide d'un tutoriel. Dès ce lundi 8 février, tous les écoliers du primaire au lycée devront être protégés par un masque homologué de catégorie 1. Peu importe qu'ils soient en tissu ou chirurgicaux. Leur particularité ? 

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Ce type de protection filtre plus de 90% des particules. L'annonce fait partie des changements du protocole sanitaire à l'école annoncés par le gouvernement lundi 1er février. L'objectif étant de freiner la propagation des variants du virus pour éviter un nouveau confinement. "Il faut garder les écoles ouvertes : c'est ma conviction profonde", a déclaré Jean-Michel Blanquer, ministre de l'Éducation. 

Mais entre un masque fleuri fait maison et un autre homologué de catégorie 1, comment remarque-t-on la différence ? "Ce n'est pas le rôle du chef d'établissement de fliquer les élèves", répond Sylvie Liagre, directrice de l'école Jeanne-d'Arc à Lille, dans les Hauts-de-France. Aucun contrôle n'est donc envisagé pour vérifier le bon respect de cette mesure. "Nous ferons confiance aux parents", ajoute la cheffe de l'établissement scolaire. 

Du côté des parents d'élèves, la pilule est difficile à avaler. "C'est embêtant car on avait déjà acheté des masques. Il va falloir s'adapter", déplore une mère de famille. Devant l'établissement, certains adultes avouent se sentir "un peu perdus" après les différentes annonces du gouvernement. Mais vont-ils respecter cette nouvelle obligation ?  Ce n'est pas sûr, selon Rodrigo Arenas, coprésident de la Fédération des conseils de parents d'élèves (FCPE) : "Les parents n'achètent pas les masques en fonction de la protection. Ils vont continuer à se fournir sur internet ou sur des marchés populaires selon leur budget."

Les vaccins sont pris en charge, alors pourquoi pas les masques ?- Rodrigo Arenas, co-président de la FCPE

Alors que certains foyers sont fragilisés par la crise sanitaire et économique, cette nouvelle mesure de restriction risque d'alourdir un peu plus les dépenses des Français. Faisons un petit tour dans les rayons des pharmacies. La boite de cinquante masques chirurgicaux dédiés aux enfants de 3 à 12 ans coûte 12,99 euros. Pour l'achat d'un masque lavable de catégorie 1 fabriqué dans les Hauts-de-France, il faut débourser cinq euros l'unité. À noter que les enfants doivent changer leur protection toutes les quatre heures, selon le protocole sanitaire. 

"Je n'ai pas encore fait les comptes mais je pense qu'on va devoir se priver d'autre chose", déplore un parent d'élève devant l'établissement. Et il n'est pas le seul. Le syndicat des parents d'élèves appelle les autorités à mettre en place la gratuité des masques de catégorie 1. "Ce ne sont pas des fournitures scolaires. Les vaccins sont pris en charge, alors pourquoi pas les masques ?", demande Rodrigo Arenas. Du côté des enseignants, le ministère de l'Éducation nationale s'est engagé à leur en fournir deux par jour. 

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Au-delà de la question des masques, la FCPE estime que les pouvoirs publics "font l'autruche" et laissent les parents d'élèves livrés à eux-mêmes. Selon elle, il faudrait davantage de moyens pour que le protocole sanitaire soit mieux appliqué. "En réalité, de nombreux enfants ne changent pas de masque toutes les trois-quatre heures. Parfois, les parents ne sont pas au courant ou bien ils n'ont pas un budget suffisant", déplore Rodrigo Arenas. Selon lui, les mesures de distanciation physique sont mal respectées et les enfants ne se lavent pas suffisamment les mains dans les établissements scolaires. 

"Le protocole sanitaire est inapplicable faute de moyens humains. On a le sentiment qu'il ne protège que les ministères", déplore le coprésident des parents d'élèves. D'autres mesures pour endiguer la crise sanitaire dans les écoles et les lycées ont été évoquées ce lundi par le ministère de l'Éducation. À commencer par la cantine, où les élèves d'une même classe devront déjeuner ensemble en maintenant une distanciation d'au moins deux mètres entre eux et leurs camarades. Dans les cantines, tout cela devra être mis en place au plus tard le 8 février.

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