Des tests salivaires à grande échelle, l'autre arme pour maîtriser l'épidémie

Des tests salivaires à grande échelle, l'autre arme pour maîtriser l'épidémie

PRÉVENTION - Pour maintenir un niveau acceptable de contamination, Jean Castex a rappelé la nécessité de tester massivement. En la matière, les outils à notre disposition ont beaucoup évolué. Ils sont peut-être même la clé pour éviter de futurs reconfinements.

"Tester, alerter, protéger", l'exécutif dit vouloir amplifier cette stratégie dans les prochains jours pour tenter de contrôler l'épidémie. Et cela pourrait bien passer par l'utilisation de tests salivaires qui seraient bien utiles pour tester à très grande échelle. Une méthode déjà utilisée en Belgique. Ainsi, depuis fin septembre, à l'université de Liège, étudiants et personnels sont invités à utiliser des kits de dépistage dans lesquels se trouve une pipette pour effectuer ce type de prélèvement. Un test qu'ils font eux-mêmes, sans l'aide d'un laborantin, ce qui simplifie grandement cette technique par rapport aux prélèvements nasopharyngés.

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Ces derniers, largement utilisés pour le moment dans l'Hexagone, ne sont en effet pas très commodes, comme le souligne l'épidémiologiste Catherine Hill : "Un, ils sont désagréables, et deux, il faut du personnel compétent pour le faire. Alors que la salive, tout le monde peut cracher dans un tube", explique-t-elle. En revanche, la scientifique le reconnaît, "les prélèvements salivaires testés par PCR sont un peu moins sensibles que les tests PCR sur les prélèvements nasopharyngés". "Mais c'est tellement plus facile que les avantages l'emportent sur les inconvénients", ajoute-t-elle.

La sensibilité des tests salivaires est en effet de 85%, contre 92% pour les prélèvements nasopharyngés. Pour autant, ce pourcentage a été jugé satisfaisant par la Haute autorité de santé dans un avis rendu il y a une semaine. Une bonne nouvelle alors que le gouvernement cherche à dépister massivement la population. 

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Toutefois, cela ne servira pas à grand-chose si les moyens matériels pour isoler les malades et humains pour remonter les chaînes de transmissions sont insuffisants. "On voit bien qu'on est face à des limites en termes de ressources humaines parce que plus on a de cas, et plus cela va demander de travail d'investigation et un énorme investissement en ressource humaine. Est-ce que c'est encore possible quand on a une épidémie avec un plateau du nombre de cas qui est aussi élevé, avec plus de 25.000 cas par jour ? Cela me semble extrêmement compliqué", admet le professeur Karine Lacombe, la cheffe du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Antoine, à Paris.

Cette nécessité est pourtant d'autant plus forte avec la présence du variant britannique en France plus contagieux que la souche initiale.

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