50% de cours à distance : comment les lycéens s'en sortent-ils ?

Quel bilan pour le lycée à distance

ÉDUCATION - Il y a deux semaines, Jean-Michel Blanquer annonçait un renforcement du protocole sanitaire au lycée, avec la reprise d'une partie des cours à distance. Une mesure qui devrait durer au moins jusqu'au 20 janvier, et qui reste compliquée à appliquer.

Mardi soir, Emmanuel Macron a donné le ton pour les semaines à venir en annonçant notamment que les lycées pourront être "pleinement ouverts, avec la totalité des élèves" autour du 20 janvier, si le nombre de contaminations quotidiennes au Covid-19 reste sous la barre des 5.000. Un soulagement pour certains, mais en attendant, afin de limiter les risques de contagion, les lycées poursuivent leur "plan de continuité pédagogique", qui garantit au moins 50% d'enseignement en 

présentiel pour chaque élève. Ce qui veut dire que pour les 50% restants, cela se passe à la maison.

À partir de là, libre à chaque établissement de s'organiser en fonction de ses propres contraintes, avec pour certains des cours par roulements ou en demi-groupes, et surtout le souci de ne pas "perdre" les élèves en difficulté. À la tête d'un lycée de 1.400 élèves dans le centre de Lille, Florence Delannoy, secrétaire générale adjointe du SNPDEN (principal syndicat des chefs 

d'établissement), a choisi de diviser les semaines en deux : pour maintenir la distanciation et limiter les brassages, "les élèves viennent en demi-classe du lundi au mercredi ou du jeudi au samedi". Le reste du temps "ils sont chez eux, et c'est là que ça se complique", admet la proviseure. Car contrairement au premier confinement, où les professeurs faisaient cours à distance pour tous, impossible cette fois de se multiplier.    

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D'habitude j'écris au tableau, je répond aux questions des élèves individuellement, donc je passe du temps avec eux. Là il n'y a plus de mouvement, on est statique, ça fait bizarre.- Benjamin Moyet, professeur de mathématiques

Même constat au lycée général Alain-Fournier de Bourges qui, lui, a décidé d'un roulement par niveaux : une semaine sur trois,  les secondes, les premières ou les terminales restent chez eux. Ce matin, ce sont les terminales qui font cours à distance, et pour Benjamin Moyet, professeur de mathématiques, c'est un vrai casse-tête, plus compliqué que les équations qu'il a à résoudre. "Bonjour à tous, est-ce que vous m'entendez ou pas ?", lance-t-il en préambule.

Après quelques bugs, certains élèves n'arrivant pas toujours à se connecter, quand ce n'est pas le réseau qui fait des siennes, le cours peut enfin commencer. Mais impossible pour le professeur de savoir si tous ses élèves sont attentifs, alors il faut les inciter à réagir par messages, et surtout à participer. Quant aux échanges, forcément succincts avec les élèves, ils ne remplacent pas tout. "D'habitude, j'écris au tableau, je réponds aux questions des élèves individuellement, donc je passe du temps avec eux. Là il n'y a plus de mouvement, on est statiques, ça fait bizarre", regrette-t-il.

Rassurer les élèves de terminale

La semaine prochaine, c'est une autre classe qui restera chez elle, alors certains professeurs tentent de rassurer leurs élèves, et de répondre aux questions qu'ils pourraient se poser. "Est-ce qu'il y en a parmi vous que les cours en visio par la webcam inquiètent un peu ?", demande ainsi Stéphanie Bollo, professeure de lettres. "Le premier confinement c'est arrivé très vite, on n'était pas forcément préparés, ça s'est fait sur le tard. Aujourd'hui, on a appris de nos erreur", réagit une jeune fille. Mais les sensations sont différentes pour chacun. "Moi je préfère travailler chez moi personnellement, il y a plus de liberté", renchérit un de ses camarades, aussitôt contredit par une autre élève : "L'école, ça se passe à l'école et pas à la maison. C'est une éducation au tableau, on est sur une chaise devant une table", lance-t-elle. D'autres encore ont tout simplement peur de décrocher, voire de redoubler. Mais les professeurs rappellent qu'ils feront tout pour que ça n'arrive pas.

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Une inquiétude compréhensible puisque les premières épreuves du baccalauréat sur les enseignements de spécialités sont prévues à la mi-mars. "Beaucoup trop tôt", pour le Snes-FSU, premier syndicat du secondaire.  Le Snalc (personnel du secondaire) estime pour sa part que "maintenir ces épreuves, même avec des aménagements, n'est pas raisonnable". "C'est en train de créer lentement mais sûrement une très grande tension chez les collègues, chez les élèves de Terminale et chez leur famille", prévient le syndicat. De son côté, la Fidl (lycéens) demande "que les programmes scolaires, et notamment ceux de Première et de Terminale, soient allégés pour que chaque élève puisse atteindre complétement les attendus pédagogiques qui lui sont demandés".

D'ores et déjà, "pour tenir compte des conséquences de la crise sanitaire sur les conditions de préparation du baccalauréat", Jean-Michel Blanquer a décidé de mesures, "à titre exceptionnel", pour cette année 2020-2021, où devait pleinement entrer en vigueur le nouveau bac. Les évaluations communes (anciennement appelées E3C) prévues en Première et Terminale sont annulées au profit du contrôle continu, grâce à la prise en compte des notes du bulletin scolaire.

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