Covid-19 : il y a un an, Crépy-en-Valois déplorait la première victime française de la pandémie

Covid-19 : il y a un an, Crépy-en-Valois déplorait la première victime française de la pandémie

CRISE SANITAIRE - Le 26 février 2020, l'Oise devenait l'épicentre de l'épidémie, après la mort d'un enseignant de 60 ans. Il s'agit du premier Français mort du coronavirus.

26 février 2020. Le Covid-19 a fait sa première victime dans l'Hexagone. Un professeur âgé de 60 ans succombe à ce que l'on pensait alors être un simple "état grippal". Quelques minutes après l'annonce de sa mort, la commune de Crépy-en-Valois devient l’épicentre de l’épidémie. La population est prise de court. Trois jours avant, le 23 février, Olivier Véran tout juste nommé ministre de la Santé déclarait encore qu'il n'y avait "pas épidémie" en France. "On a été touchés de plein fouet avant même de comprendre qu'il s'agissait du Covid-19", résume Stéphanie Quéant, médecin généraliste dans cette commune située à une soixantaine de kilomètres au nord-est de Paris.

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Les événements s’enchaînent rapidement. Trois jours plus tard, le département de l'Oise est placé sous cloche. Deux semaines avant le reste de la France. Dès le 29 février, le département francilien était considéré comme "principal foyer " avec 36 contaminations. Une chape de plomb s’abat sur la ville de Crépy-en-Valois qui voit ses commerces fermés et les rassemblements interdits. Le marché dominical est annulé. 

La commune est en proie à l'incertitude. Pour le Dr Quéant, les premières semaines ont été "le moment le plus délicat", en raison notamment de la "désorganisation administrative". Le médecin se souvient de la cacophonie générale. "Au départ, les tests ne pouvaient se faire qu'au CHU d'Amiens, à 1h30 de route (...) Le temps que les autorités réadaptent l'organisation, on était submergés de patients". À l’époque, le département se sent démuni et appelle à l’aide. 

L'impression d'être des pestiférés- Bruno Fortier, maire sans étiquette de Crépy-en-Valois

"Les premiers jours, on criait au secours, on disait que nous n’étions pas prêts et les autorités de santé nous demandaient seulement de remonter les informations, nous n’avions pas de directives", rapporte Nadège Lefebvre, présidente du conseil départemental dans Aujourd'hui en  France. Dans les colonnes de l'édition de l'Oise du quotidien, cette femme se souvient comment elle a reçu le ministre de la Santé Olivier Véran "dans une petite salle sans masque" pour prendre les premières directives.

En plus de la situation surréaliste pour les habitants sur place, le département est pointé du doigt. Des départements voisins prennent des arrêtés pour interdire aux gens de l’Oise de franchir leur frontière. Et la discrimination est visible à plusieurs échelles. "Les employeurs parisiens appelaient les habitants en leur demandant de ne pas venir travailler. Les gens ont ressenti cette impression d'être des pestiférés très durement", peste Bruno Fortier, maire (sans étiquette) depuis 2014.

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Les 15.000 habitants ont été marqués par la médiatisation de la crise sanitaire. Du jour au lendemain, la commune a été la cible des médias du monde entier - tous souhaitant raconter le prologue du Covid-19 dans le pays. À tel point que les commerçants évitent les journalistes et s’inquiètent de voir l’épidémie associée à l’image de leur ville. Il y a "une lassitude" qui tend vers le "ras-le-bol", confirme le Dr Quéant.

Aujourd’hui, les habitants connaissent les gestes barrières à adopter et savent comment se protéger. "Tout le monde fait ce qu’il faut", assure Audrey Durant qui a ouvert une cave à vins dans le centre-ville à la rentrée, malgré le contexte incertain. Cependant, l'histoire du Covid-19 est loin d'être terminée. Avec 267 cas pour 100.000 habitants, l’Oise fait partie des départements les plus touchés.  Alors que le Premier ministre Jean Castex doit s'exprimer ce jeudi, les habitants attendent les prochaines annonces avec appréhension. "On n'a pas d'autre choix que d'attendre. C'est la seule solution", affirment certains. 

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