"Je ne suis pas pressé de retourner dehors" : ces Français qui refusent de se déconfiner

"Je ne suis pas pressé de retourner dehors" : ces Français qui refusent de se déconfiner

PSYCHOLOGIE - Le déconfinement est vécu par beaucoup comme une libération, après des mois de vie sociale entre parenthèses. Mais pour certains, le retour à la vie d'avant est source d'angoisse, un phénomène connu sous le nom de "syndrome de la cabane".

Après de long mois de confinement plus ou moins stricts, le retour à la vie d’avant s'amorce doucement dans l’Hexagone. Si beaucoup attendaient avec impatience cette libération, pour d’autres c’est loin d’être aussi évident. À tel point que certains développent une angoisse à l’idée de quitter leur domicile, un phénomène apparu lors du premier déconfinement et connu des spécialistes sous le nom de "syndrome de la cabane".

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Difficile de savoir exactement combien de personnes sont concernées. Pour autant, ce phénomène semble bien plus répandu qu’on pourrait le penser, en témoignent des habitants d’Aix-en-France où s’est rendue une équipe de TF1. "Je ne suis pas pressée de retourner au restaurant ou dans les commerces. Je préfère y aller tranquillement car j’ai encore un peu peur d’affronter la foule", confie une mère de famille avec une poussette. 

Se mêler à la foule, ce n’est pas non plus dans les projets de Sébastien. Atteint d’une maladie pulmonaire, ce technicien en imagerie médicale est en télétravail depuis plus d’un an. Une situation que ce quadragénaire dit vivre plutôt bien. À l’entendre, le confinement a même amélioré son quotidien. "Je n’ai pas peur, assure-t-il. C’est juste que j’ai pris de nouvelles habitudes avec le confinement et je ne suis pas pressé de retourner dehors", explique-t-il. 

Les gens se sont habitués à une vie plus casanière, et ils ont besoin de temps pour retrouver leurs repères- Claire Dahan, psychologue clinicienne à Paris

Cette angoisse liée au rejet du monde extérieur touche aussi bien les adultes que les enfants, ce qui montre que ce n’est pas uniquement lié à la peur du Covid, souligne Claire Dahan, psychologue clinicienne à Paris. "Les gens se sont habitués à une vie plus casanière, et ils ont besoin de temps pour retrouver leurs repères", explique cette spécialiste. Comme Sébastien, bon nombre de Français semblent en effet avoir du mal à s’extirper de la bulle qu’ils ont créée autour d’eux.

Interrogée en mai 2020, à la faveur du premier déconfinement, la psychologue Hélène Romano a vu à l’époque défiler dans son cabinet de nombreux patients éprouvant un profond sentiment d’angoisse à l’idée de retrouver leur vie d’avant. "Le nom de 'syndrome de l'escargot' conviendrait mieux, car nombre de mes patients matérialisent cette sensation par l'envie de se recroqueviller, de rentrer dans une coquille rassurante. Un endroit où on se sent protégé, comme un refuge", souligne la spécialiste.

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Selon la psychologue Hélène Romano, l'inquiétude de retrouver son environnement de travail, soit parce que la personne ne s’y sentait déjà pas bien soit par qu’elle s’est épanouie dans le télétravail, peut aussi expliquer ce rejet du monde extérieur. L'appréhension du déconfinement, à l’entendre, est tout à fait normale. Toutefois, si les symptômes persistent pendant plusieurs semaines, la psychologue recommande de consulter un spécialiste pour se faire aider. Sébastien attend lui avec impatience les vacances d’été, qu’il passera en famille cette année sur l’Île de beauté. Un bon remède pour reprendre goût à la vie et au monde extérieur. 

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