"Mon corps, mon choix", "pas un rhinocéros"… Les slogans des anti-pass à la loupe

"Mon corps, mon choix", "pas un rhinocéros"… Les slogans des anti-pass à la loupe

CONTESTATION - Ils étaient encore 175.000 à manifester en France samedi dernier contre le pass sanitaire, avec des mots d'ordre faisant souvent appel à la "liberté", mais avec aussi d'autres slogans posant question. Décryptage.

Samedi après samedi, les mêmes mots d'ordre résonnent parmi les opposants au pass sanitaire. Ils se lisent sur toutes les pancartes : "liberté", "non au pass sanitaire, au QR Code" et à ce que les manifestants estiment être une vaccination obligatoire déguisée. "Je trouve que le consentement libre et éclairé n'est pas actuellement assuré, donc je souhaite le retrait du pass sanitaire et le retrait de l'obligation vaccinale pour toutes les professions pour que chaque personne puisse choisir en son âme et conscience avec son médecin", dit par exemple une manifestante dans le reportage de TF1 en tête de cet article. 

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Mais cette liberté vaccinale est aussi revendiquée par des messages souvent détournés de débats sociétaux antérieurs, par des slogans provocateurs, et plus grave, par des comparaisons avec les horreurs nazies. Voici quelques clés pour les comprendre.

"Mon corps, mon choix"

"My Body, my choice" est le slogan emblématique des mouvements féministes d'après mai 1968 puis des "pro-choix", les militants du droit à l'avortement aux États-Unis. Il a largement été détourné par une frange antivax américaine du Parti républicain. Souvent associé au dessin d'une seringue barrée, il est aujourd'hui à travers le monde l'un des slogans les plus récurrents dans les manifestations contre la vaccination. Pass sanitaire et IVG, un même combat, vraiment ? "Le combat, c’est mon corps, j'en fais ce que je veux. Si j'ai envie d'un vaccin, je ferai le vaccin ou pas, mais on n'a pas  à me dicter, sous couvert d'un virus, mon choix", répond une manifestante face aux caméras de TF1.

"Touche pas à Raoult !"

Sur les pancartes des cortèges samedi après-midi, il y avait aussi un nom et un visage, celui du professeur Didier Raoult. Il a été poussé vers la sortie de l'IHU de Marseille par sa hiérarchie et ses sympathisants ont voulu lui apporter leur soutien. "Le Raoult du Covid-19, je ne l'oublierai jamais", lance par exemple une jeune femme. 

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"Pas un rhinocéros"

Dans cette jungle de slogans, il y a un emblème plus surprenant : le rhinocéros. Le mammifère à corne est devenu l'un des symboles de ralliement des soutiens de Florian Philippot, ancien du Rassemblement national qui s'est placé en pointe de l'opposition au pass sanitaire. Mais c'est aussi une référence à la pièce de théâtre d'Eugène Ionesco dans laquelle une épidémie de "rhinocérite" frappe la population, apeurant les habitants d'une ville et les métamorphosant bientôt en animaux soumis. "Je ne suis pas un rhinocéros, c'est ne pas me soumettre, être dans la résistance", explique une opposante. "J'y ai pensé tout de suite en voyant la folie covidiste", explique Florian Philippot dans une vidéo YouTube devenu virale.

"Touche pas à mes enfants"

En réaction à l'idée d'étendre la vaccination aux moins de 12 ans, la mobilisation autour de ce slogan a été lancée en avril par l'avocat Fabrice Di Vizio, nouvelle star des milieux complotistes et ancien candidat du Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin, qui affiche aujourd'hui sa proximité avec Florian Philippot. Dans sa version anti-vaccination, ce détournement du slogan anti-raciste des années 1980 "Touche pas à mon pote" reprend le thème de l'inquiétude pour les enfants, un marqueur de l'extrême droite qui a essaimé du mouvement de la Manif pour tous en passant par le mouvement QAnon et sa rhétorique d'un complot pédophile. 

"Qui" ?

Les manifestations anti-pass sanitaire sont également émaillées de signes d'antisémitisme. Amplifiée par la pandémie et les réseaux sociaux, la haine anti-juifs se banalise, alertent d'ailleurs associations et spécialistes. Certains manifestants ont utilisé une symbolique largement décriée - étoiles jaunes sur la poitrine, dénonciations d’un "pass nazitaire", croix gammée formée par des seringues -, qui relativise la barbarie nazie. 

Les pancartes antisémites "Qui ?", employées comme un code pour attribuer la responsabilité de la crise sanitaire à la communauté juive, essaiment aussi dans les cortèges. C’était le cas samedi à Lille, avec une pancarte "Qui? Satan!!", brandie par un homme portant sur les épaules un drapeau bleu à fleur de lys. Ce type de pancarte avait également été vu le 14 août dans un cortège d'opposants au pass sanitaire à Paris et une enquête a été ouverte après le signalement du préfet de police.

Au total, selon le ministère de l'Intérieur, 175.000 personnes ont défilé samedi 20 août dans les rues. Un chiffre en baisse que les manifestants espèrent faire repartir à la hausse le week-end prochain.

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