Covid-19 : pourquoi ce fléchissement de la vaccination ?

Covid-19 : pourquoi ce fléchissement de la vaccination ?

CRISE SANITAIRE - La campagne de vaccination donne des signes d'essoufflement en France. Des centaines de milliers de créneaux restent libres, tandis que des centres de vaccination, pas assez fréquentés, vont fermer.

Les Français ont-ils renoncé à se vacciner ? À ce jour, sur un total de 52 millions d'adultes, un peu plus de 32 millions de personnes ont reçu au moins une dose. Un chiffre insuffisant pour atteindre l’immunité collective, indispensable face à l'émergence du variant Delta (anciennement dit indien) qui est "en train de devenir dominant dans le monde", selon le ministère de la Santé. 

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Covid-19 : le défi de la vaccination

"On a les doses, on a l'organisation, on ne peut pas passer à côté de cette chance", a indiqué mardi une responsable du ministère lors d'un point presse hebdomadaire, en soulignant que "300.000 créneaux sont disponibles dans les trois prochains jours pour des primo-injections". "Impossible d'imaginer qu'ils ne soient pas remplis" alors qu'ils permettront d'obtenir une deuxième dose d'ici à la mi-juillet, a-t-elle ajouté.

La seule chose qui permettra d'être un rempart et un bouclier solide face à un rebond épidémique et une éventuelle quatrième vague, c'est la vaccination.- Dr Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches

Pour autant, sur le terrain, certains centres restent désespérément vides. C'est le cas au Vélodrome de Saint-Quentin-en-Yvelines, non loin de Paris, où mardi après-midi, seul 200 primo-injections ont été réalisées. C'est cinq fois moins qu'il y a deux semaines. "Dès qu'on ouvrait des créneaux sur Doctolib, on voyait qu'ils étaient pris immédiatement. Ce n'est plus le cas depuis une dizaine de jours. En première injection, on est à 30% de nos créneaux proposés qui sont réservés", explique un responsable. 

Y a-t-il un ralentissement du rythme de la vaccination ? Non, si l'on regarde le nombre total d'injections réalisées quotidiennement en France, près de 574.000. Mais c'est vrai si on parle des primo-injections. Elles sont en baisse depuis 15 jours. Pourquoi un tel fléchissement ? Le 20H de TF1 sonde quelques Français dans le reportage en tête de cet article. "Parce que je vais partir, donc j'attends que mes vacances se terminent avant de me faire vacciner", avance une jeune femme. Autre raison invoquée : "Vu que je travaille toute la semaine, c'est compliqué de trouver un créneau", dit une autre. 

Pour Thomas Devlaeminck, membre de l'équipe Covid Tracker et Vite Ma dose, cela pourrait aussi s'expliquer par le fait que la plupart des indicateurs sont au vert. "Il y a de moins en moins de cas en France. Pour les gens, l'épidémie s'éloigne donc il y a moins besoin de se faire vacciner", analyse-t-il.

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Ce ralentissement aura-t-il des conséquences sur la situation sanitaire ? "La seule chose qui permettra d'être un rempart et un bouclier solide face à un rebond épidémique et une éventuelle quatrième vague, c'est la vaccination", prévient le Docteur Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches. "Tout simplement parce que la vaccination va protéger individuellement les gens et le niveau de la collectivité va éviter l'émergence des variants", poursuit le spécialiste. Pour atteindre l'immunité collective, il faudrait donc vacciner 90% des plus de 12 ans.

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