"On nous demande de nous battre avec un petit couteau" : la pique d'un pharmacien sur la vaccination

"On nous demande de nous battre avec un petit couteau" : la pique d'un pharmacien sur la vaccination

COUP DE GUEULE - À partir de la semaine prochaine, les pharmaciens auront la possibilité de vacciner contre le Covid. Mais certains déplorent le faible nombre de doses qui leur sont réservées, à l'instar de Bruno Fellous, pharmacien à Levallois-Perret.

Les pharmaciens sont dans les starting-blocks : ils pourront commencer la semaine prochaine à vacciner les personnes ayant plus de 50 ans et présentant une comorbidité. Si l’ensemble de la profession est favorable à cette ouverture à la vaccination, les quantités réservées dans un premier temps aux pharmaciens sont, pour certains, ridicules par rapport à la demande de la population.

C’est notamment l’avis de Bruno Fellous, pharmacien à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, qui témoigne dans le reportage de TF1 en tête de cet article. Il se dit scandalisé par la stratégie du gouvernement : "Je suis hors de moi, aujourd’hui je ne comprends la politique de vaccination. Nous sommes en pleine pandémie, nous sommes dans un état catastrophique et je m’aperçois qu’on dit que les pharmaciens vont pouvoir vacciner le 15 mars, mais qu’on va recevoir seulement une fiole de dix doses."

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Covid-19 : le défi de la vaccination

On est en guerre et on nous demande d’aller nous battre avec un petit couteau.- Bruno Fellous, pharmacien à Levallois-Perret.

"Que vais-je faire avec une fiole de dix doses par semaine ? Je ne comprends pas", ajoute le pharmacien, qui redoute que cette dotation accordée le soit au détriment des médecins. Il avoue également son intention de ne pas utiliser cette fiole : "Je vais la donner à un médecin à côté de chez moi qui va pouvoir continuer à vacciner. Tant que je n’ai pas ma dotation de vaccins correcte en fonction de notre population, je ne ferai pas les vaccins."

Selon lui, il y a un vrai problème d’organisation dans l'attribution des doses de vaccins : "Je ne peux pas répondre à une telle demande. Ça me tue, en tant que pharmacien, on a prêté serment, on doit soigner tout le monde, à n’importe quel prix, et proposer à tout le monde." "Là, on nous demande de sélectionner certaines personnes, je trouve cela inadmissible. On est en guerre et on nous demande d’aller nous battre avec un petit couteau, je ne suis pas d’accord", s’indigne Bruno Fellous.

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Si je peux avoir entre cinquante et cent personnes par semaine, j’en ferai bon usage.- Bruno Fellous, pharmacien à Levallois-Perret.

Le professionnel de santé se dit prêt à participer à l'effort de vaccination, "mais pas avec dix vaccins !" : "On ne peut pas travailler comme ça, ce n’est pas possible, je suis atterré ! Nous les pharmaciens, nous sommes fatigués, on est là depuis le début avec les médecins, les hôpitaux, et là on nous envoie un petit flacon", explique-t-il, avant d’ajouter : "On marche sur la tête ! Il y a des pays qui vaccinent du lundi au dimanche, et nous on va vacciner dix personnes entre deux heures."

Selon lui, une dotation correcte pourrait être de l’ordre de "cinq à dix doses par semaine" : "Si je peux avoir entre cinquante et cent personnes par semaine, j’en ferai bon usage et je pourrai choisir les bonnes personnes, sans m’inquiéter de la suite en disant aux autres de venir la semaine d’après. La vaccination, c’est la lumière au bout du tunnel, les gens sont fatigués, en dépression et ils n’en peuvent plus."

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