"Que voulez-vous que je fasse ?" : cours en ligne, vacances chamboulées... Le casse-tête des parents

"Que voulez-vous que je fasse ?" : cours en ligne, vacances chamboulées... Le casse-tête des parents

TÉMOIGNAGES - La fermeture des crèches et écoles dans tout le pays dès ce vendredi soir pour trois semaines, ainsi que des collèges et lycées pour un mois, sans compter la modification des dates de vacances dans deux zones, plonge de nombreux parents dans l'embarras. Plusieurs d'entre eux racontent.

Un sentiment de déjà-vu pour les parents... Comme au printemps dernier, les crèches, maternelles et écoles primaires fermeront dès vendredi soir pour trois semaines, et les collèges et les lycées pour un mois, une mesure accompagnée d'une modification des dates des vacances qui se tiendront désormais pour les trois zones du 12 au 26 avril. Les cours se feront donc à distance la semaine prochaine pour tous les écoliers de France, supposés reprendre le 26 avril et le 3 mai pour les collégiens et lycéens. 

Ces annonces d'Emmanuel Macron mercredi soir ont lancé le début d'un intense casse-tête pour les parents. Ce jeudi matin encore, nombre d'entre eux restaient dans le flou. Le reportage de TF1 en tête de cet article en interroge ainsi plusieurs. "Je ne sais pas ce que je vais en faire, je suis à mon compte donc il va venir avec moi, lâche ainsi une maman. Pour mes rendez-vous chantier, qu’est-ce que vous voulez que je fasse ?". Une autre explique que la vie des prochains jours s'annonce "très compliquée" : "Je vais rester avec mes enfants à la maison et je vais télétravailler en fonction de mes possibilités". "Je pense que ce sera le chômage partiel, témoigne de son côté un papa. Je vais voir avec mon employeur comment on peut s'arranger." En théorie, on ne peut pas le lui refuser. Seules conditions : qu'il ne puisse pas télétravailler, qu'il ait un ou des enfants de moins de 16 ans et qu'il soit le seul membre du couple à en bénéficier.

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La France retrouve le confinement

En revanche, c'est un coup de massue pour ceux qui ne pourront pas prétendre au chômage partiel. "Les bras m'en tombent", nous confie Marianne, mère de deux enfants en bas âge et contrainte de télétravailler. C'est une dose de stress supplémentaire pour la quarantenaire, qui avait déjà "très mal vécu" le premier confinement."Nous allons nous organiser tant bien que mal, car c'est important de maintenir un cadre pour les enfants", souligne la chargée de projet. 

Sa plus grande déception reste l'annulation des vacances pour lesquelles les dates de ses réservations ne collent plus. Au lieu de prendre un bateau pour rejoindre la Corse, elle va rester dans son appartement toulousain avec son compagnon Laurent et ses bambins. "Ils sont très déçus de voir ce projet tomber à l'eau. Nous avions besoin de changer d'air, cela crée des tensions que tout le monde ressent", déplore-t-elle. "Nous allons donc redoubler d'imagination pour les occuper." 

Pour d'autres, "il y a moins de stupéfaction que l'année dernière". C'est ce que reconnaît Tiphaine, mère d'une fille et d'un garçon en CE1 et en CM2, tout en se disant "embêtée pour (s)es enfants". Selon cette éditrice, ceux-ci auraient préféré être à l'école et voir leurs copains. De plus, "ils sont très attachés à leur maîtresse, c'est une figure importante." Pour l'heure, la quarantenaire ne sait pas encore comment l'enseignante va organiser les cours en ligne, mais une chose est sûre : son emploi du temps professionnel est trop chargé, au même titre que celui de son mari Charles, pour faire le choix du chômage partiel et d'un départ de la région parisienne. 

Ce départ, nombreux sont ceux qui s'y emploient ces dernières heures. Cécile et Hervé, après avoir passé le confinement du printemps 2020 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), n'ont pas hésité longtemps avant de plier bagages. Depuis, ils ont acheté une maison secondaire et passeront les prochaines semaines en Bretagne en compagnie de leurs enfants de 6 et 9 ans. "Ils sont contents d'aller au bord de la mer et d'être avec nous, se réjouit l'avocate. Ils gardent un bon souvenir du premier confinement." Et pour l'organisation, ce sera "au jour le jour en fonction de qui a le plus de travail, qui a le moins de réunions", précise la presque quarantenaire, qui devra tout de même faire des allers-retours dans la capitale pour boucler certains dossiers. 

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L'ensemble des parents s'accordent à dire que leur productivité au travail va en prendre un coup, mais se réjouissent tout de même d'avoir, cette fois-ci, la possibilité de s'aérer en extérieur sans restrictions de temps et de kilomètres. Ils espèrent cependant que cela n'ira pas "au-delà de trois semaines, car ça pourrait devenir très compliqué", comme s'en inquiète Cécile. Surtout pour les pères et les mères célibataires, seuls pour superviser leurs enfants pendant cette période délicate. 

À noter que Jean-Michel Blanquer et Jean Castex ont fait ce matin deux annonces susceptibles de rassurer et aider les parents : des centres aérés pourront rester ouverts, et il sera possible d'amener ou récupérer ses enfants chez des grands-parents ou proches susceptibles de les garder tout au long du confinement, sans limite géographique. Une solution pour beaucoup de parents-salariés. "Nous allons nous organiser avec les grands-parents pour qu'ils prennent les enfants au moins trois jours par semaine", explique une maman devant les caméras de TF1.

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