Retour du couvre-feu : la Martinique entre colère et résignation

Retour du couvre-feu : la Martinique entre colère et résignation

COVID-19 - Face à une explosion des cas de contamination, l’état d’urgence a été déclaré en Martinique, et avec lui le retour du couvre-feu. Certains habitants prennent leur mal en patience, quand d’autres ont protesté mardi soir.

Comme un air de déjà-vu : à 21 heures, les restaurateurs et commerçants de Martinique doivent désormais fermer boutique, et les habitants regagner leur domicile. Dans son allocution lundi soir, Emmanuel Macron a annoncé l’état d’urgence sanitaire et le retour d’un couvre-feu sur l’île - de même qu'à la Réunion - chaque soir jusqu'à 5 heures du matin. Le but : endiguer une explosion des cas de contamination, l'épidémie s'étant accélérée dernièrement. 

L’île a passé le seuil fixé par l’exécutif pour établir des mesures de freinage, avec un taux d’incidence de 273 cas pour 100.000 habitants ce mercredi 14 juillet, d’après les données agrégées par le site CovidTracker. Un taux multiplié par neuf en deux semaines seulement, selon l’agence Santé publique France. Ces chiffres survolent le seuil d’alerte fixé par le gouvernement à 50 cas pour 100.000, quant la moyenne nationale tourne quant à elle autour de 37. 

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Mais l’annonce des nouvelles restrictions ne fait pas l’unanimité. Au coup d’envoi de cette première soirée de couvre-feu depuis l’assouplissement des mesures sanitaires, plus d’un millier de personnes se sont réunies mardi soir devant la préfecture de Fort-de-France. Aux cris de "Liberté !", ils sont venus protester à 21h tapantes, avec notamment un panneau avec le slogan "Non à la dictature sanitaire". "Ça nous empêche de vivre, assène une habitante dans le reportage en tête de cet article. C’est les vacances, on doit s’exprimer, on doit avoir une vie sociale aussi."

Des vacances sur lesquelles misaient les restaurateurs, qui se résignent de leur côté à mettre les derniers clients à la porte à 21h. Dans un établissement filmé dans le reportage, des consommatrices quittent les lieux sans protester, malgré leur déception. "C'est vrai que c'est un petit peu contraignant, parce qu'on est arrivé il n'y a pas longtemps, mais en même temps, on n'a pas le choix, admet l'une d'elles. Donc on va respecter ce qui s'est dit et on va attendre que ça aille mieux !"

Mais tous ne partagent pas cette résignation. Dans la soirée, même bien après le début du couvre-feu, les rues restent animées et ne désemplissent pas. Les automobilistes, eux, n’ont pour la plupart pas encore retrouvé l’habitude de remplir une attestation dérogatoire. “J’espère juste qu’il n’y aura pas de gendarme sur la route, et que le retour se passera bien”, glisse l’un d’eux. 

Seuls 14,3% des Martiniquais ont reçu une première dose de vaccin

Si les forces de l’ordre n’avaient prévu aucun contrôle pour cette première nuit de restrictions, elles risquent d’être bien moins tolérantes dans les jours à venir. L’objectif reste toujours de garder la situation sanitaire sous contrôle, alors que la campagne vaccinale patine. Ce mercredi, seuls 14,3% des Martiniquais de plus de 12 ans ont reçu une première dose, contre 53% environ à l’échelle nationale, selon l’ARS de l’île dans un communiqué transmis le mardi 13 juillet.

Parallèlement, les hospitalisations et admissions en réanimation progressent, précise l’ARS. L’arrivée de renforts sanitaires est prévue depuis le 12 juillet, pour fournir des lits supplémentaires au CHU de l’île et accueillir ainsi des patients atteints de formes graves de la pathologie. “Mais l’augmentation exponentielle du nombre de cas est très inquiétante”, alerte le document.

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Par ailleurs, les déplacements entre la Martinique et la Guadeloupe sont limités à des motifs d’ordre personnel, familial, professionnel ou de santé depuis lundi 12 juillet, pour tous les voyageurs à partir de 11 ans. 

À la Réunion, état d’urgence sanitaire et couvre-feu ont également été déclarés. Seuls 30% de la population avaient reçu une première dose ce mercredi, tandis que le taux d’incidence grimpe à 167 cas pour 100.000. "Plus de 37% des personnes de plus de 75 ans ne sont pas encore vaccinées à La Réunion, contre 17% seulement en métropole", précisait l’ARS de La Réunion dans un communiqué le 8 juillet dernier. 

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