Vaccination : comment la Corse affiche-t-elle un tel taux de primo-injections ?

Vaccination : comment la Corse affiche-t-elle un tel taux de primo-injections ?

COVID-19 - La Corse est championne de France des injections. 20% de la population a déjà reçu une première dose, contre près de 14% à l'échelle nationale. Comment l'île de beauté est-elle parvenue à atteindre un tel niveau ?

"Je viens saluer l’engagement de la Corse, championne de la vaccination". Marlène Schiappa, la ministre déléguée auprès du ministre de l'Intérieur, chargée de la Citoyenneté, s'est rendue en Corse-du-Sud jeudi, notamment pour féliciter des soignants et des pompiers très engagés dans cette campagne de vaccination menée tambour battant par l'île de Beauté. Il faut dire que les moyens sont là.

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Le 13h

 Ainsi, l’un des plus grands centres commerciaux de Baleone abrite depuis quelques semaines un centre dédié où l'on peut venir avec son caddie. Le succès est immense et les rendez-vous pris d’assaut. On y compte jusqu’à 1.000 personnes vaccinées chaque jour.

Des cadences soutenues

La recette du succès corse réside donc avant tout dans ses cadences soutenues. En effet, un médecin peut piquer jusqu’à 300 patients par jour. "Si au Stade de France, on nous dit que sur 20.000 m², ils vont faire 1500 vaccinations en une journée. Nous sur 200 m² avec trois médecins, on en fait plus de 1000, donc le ratio est un peu plus élevé chez nous. Peut-être que si on nous donne beaucoup de doses, c'est aussi parce qu'on est très efficace", avance le docteur Jean-Paul Carrolaggi.

L'île ayant une population plus âgée que la moyenne, elle a effectivement été jusque-là bien dotée en vaccins. Actuellement 16.000 flacons sont distribués par semaine. Et côté administratif, c'est une autre spécificité corse : une clinique privée vient aider ce centre de vaccination publique. "La clinique met à disposition le personnel, les secrétaires, parfois des infirmières pour faire tourner le centre", poursuit le docteur Carrolaggi.

Rassurer la population

Le maire de Bastelica, une commune proche de Baleone, est très fier d'annoncer le nombre de ses administrés venus se faire vacciner dans ce centre pas comme les autres. "A ce jour, il y a plus de 150 personnes qui ont accédé au vaccin, ce qui représente 30% de la population", précise Jean-Baptiste Giffon. Mais pour cela, il a dû mouiller la chemise, notamment en rassurant sa population. "J'ai passé 250 coups de fil, et souvent deux à trois fois, en incitant les gens, en leur expliquant qu'il faut le faire", dit-il. Avec une telle méthode, la Corse affiche aujourd’hui le taux de vaccination le plus élevé de l’Hexagone : 20% de la population. 

Autre exemple édifiant, à Grosseto-Prugna, une petite commune de 3.500 habitants, à une demi-heure d’Ajaccio, la mairie a organisé le début de sa campagne de vaccination dès le mois de septembre. La maire a d'abord demandé à ses équipes la liste de tous les habitants âgés et à la santé fragile. "On se disait qu'on ne pouvait pas faire grand-chose donc ça pouvait commencer par ça : contacter ces personnes, savoir combien elles étaient, combien de doses nous aurions besoin. On a fait un listing des personnes qui seraient intéressées par la vaccination qu'on a transmis à l'Agence Régionale de Santé (ARS)", détaille Valérie Bozzi. Résultat, l'ARS, plutôt réactive, a fourni les doses en fonction. 

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Avec une telle campagne de vaccination, l'Agence régionale de santé espère pour la Corse un début d'immunité collective peut-être dès le mois de juin.

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