Crack à Paris : un riverain excédé témoigne sur LCI

Crack à Paris : un riverain excédé témoigne sur LCI

SOCIÉTÉ- Depuis la mi-mai 2021, les consommateurs de crack sont regroupés chaque soir dans le jardin d'Eole, entre les 18e et 19e arrondissement de Paris, afin de "soulager" les riverains de Stalingrad. Les habitants des environs sont à bout.

C'est un véritable enfer que vivent les riverains depuis plus d'un mois maintenant. Depuis le lundi 17 mai, des groupes de fumeurs de crack parisiens sont chassés par la police du quartier de Stalingrad, où ils avaient l'habitude de passer leurs nuits, et incités à se regrouper au jardin d'Eole. Un parc public clos à 600 mètres de là, que beaucoup fréquentaient déjà en journée et ouvert jusqu'à 1 heure du matin pour eux. 

Inauguré en 2007 par Bertrand Delanoë, ce jardin devait être un poumon vert pour l'arrondissement et un espace de jeu pour les enfants. La réalité est tout autre aujourd'hui, comme en attestent les nombreux témoignages sur les réseaux sociaux postés par les riverains, vidéos à l'appui : shoots en direct, scène de violences, femmes violées...

Ce mercredi sur LCI, Matthieu, riverain du jardin et membre de l'association "Renaissance Éole", a décrit la vie des habitants du secteur. "Notre quotidien, c'est des nuits très difficiles. On entend des hurlements, on entend des bagarres. Hier matin, ils n'ont pas pu attendre que le jardin ouvre vers 7 ou 8 heures. Ils ont cassé à grand bruit les portes d'entrée du parc, ce qui a réveillé des milliers de personnes tout autour", relate le témoin. Matthieu évoque aussi les "excréments humains au sol tous les jours", les personnes déféquant devant les passants, d'autres qui se masturbent dans la rue, les seringues jonchant le sol jusque devant la crèche du quartier, et récemment, un enfant de 2 ans et deux adultes agressés par une toxicomane. 

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Manifestation tous les mercredis à 18 heures

Excédés par la situation, les habitants organisent depuis la mi-mai tous les mercredis à 18 heures des manifestations devant le parc pour demander sa restitution aux habitants et dénoncer la situation actuelle. Lundi 7 juin, la maire PS de Paris Anne Hidalgo avait demandé "de nouveaux dispositifs de prise en charge adaptés aux problématiques de consommateurs de crack" dans un courrier adressé lundi au Premier ministre, Jean Castex. Ces structures doivent voir le jour "sur plusieurs lieux éloignés des zones résidentielles denses et des espaces de vie", réclamait Anne Hidalgo. La maire de la capitale avait exigé  que le jardin d'Éole soit rendu aux habitants d'ici fin juin. Pourtant, la date approche et rien ne semble changer...

"Aujourd'hui, on entend que les politiques sont au courant du problème, mais ils ne proposent pas de solutions concrètes pour le résoudre, regrette Matthieu. Je pense qu'ils sont eux-mêmes un peu dépassés par ce sujet-là et qu'ils n'ont pas de solution à nous proposer. Anne Hidalgo a évoqué à plusieurs reprises l'évacuation du jardin d'Éole au 30 juin donc évidemment nous attendons ça de pied ferme, mais avec aucune solution d'accompagnement dans la continuité pour résoudre ce problème pour garantir que ce problème ne va pas revenir." Reste à voir, donc, si des mesures concrètes seront prises d'ici à une semaine.

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