Ces étudiants contraints à l'aide alimentaire pour ne pas "crever de faim"

Ces étudiants contraints à l'aide alimentaire pour ne pas "crever de faim"

PAUVRETÉ - La crise sanitaire a plongé davantage de jeunes dans la précarité et certains n'ont plus les moyens de se nourrir. À Lille, le nombre d'étudiants venant chercher des paniers repas a doublé en quelques semaines.

Benjamin n’a plus le choix. Cet étudiant en philosophie de 23 ans a franchi cette année pour la première fois les portes d'une épicerie solidaire. "J’essaie de ne pas me sous-alimenter, c’est ce qui passe en premier avec les études", confie le jeune homme, qui vit à Lille dans un studio d'une dizaine de mètres carrés. Avec la crise sanitaire, les étudiants comme Benjamin font face à un double défi : la solitude et la précarité alimentaire. Les difficultés financières sont même devenues la norme dans la sphère universitaire, puisque huit étudiants sur dix disent en rencontrer.

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À l’intérieur de l’épicerie solidaire lilloise que nous montre TF1 dans le reportage en tête de cet article, plusieurs personnes viennent s’enregistrer auprès d’une bénévole pour aller récupérer leur panier repas. Parmi les habitués, il y a Alix, étudiante de 20 ans. Pour la jeune femme, le calcul est rapide à faire : avec 40 euros par mois destinés à l’alimentaire, il lui est impossible de s’offrir des fruits et légumes en grande surface. Avant de s'emparer d'une cagette bien garnie, Alix avoue que cette aide alimentaire lui est d'une grande aide puisqu'elle lui permet de "manger à sa faim"

Des jeunes qui crèvent de faim- Paul Mayaux, président de la FAGE

À l'arrière de la boutique, les bénévoles s’activent pour répondre à la demande croissante des étudiants, dont le chiffre a doublé en quelques semaines. Si les jeunes étaient déjà largement touchés par la précarité – en 2016, 20% d’entre eux étaient sous le seuil de pauvreté – la pandémie a aggravé leur situation. "Lors du premier confinement, on a comptabilisé plus de bénéficiaires de paniers repas que depuis 2011, toutes années confondues", détaille Paul Mayaux, président de la Fédération des associations générales étudiantes (FAGE). Pour illustrer son propos, il cite l’exemple des facultés d'Aix-Marseille où plus de 1000 paniers repas ont été distribués cette semaine. "On se retrouve avec des jeunes qui crèvent de faim. Quand ils vont voir les bénévoles, certains sont en larmes."

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Comment expliquer une telle augmentation de la précarité étudiante ? "Avec la crise sanitaire, on a reçu une seconde vague d’étudiants qui ont perdu leur petit boulot. Ils ne disposent plus des 200 ou 300 euros qui venaient auparavant compléter leur budget", souligne Marc-Aurélien Boulvert, président de la Fédération des étudiants à Lille. Désormais en effet, les jeunes ne peuvent plus gonfler leurs revenus à l'aide d'un emploi à temps partiel dans la restauration ou dans le tourisme - des secteurs particulièrement touchés par la crise sanitaire. Et alors que les étudiants ont moins de ressources, ils doivent aussi gérer des achats supplémentaires comme les masques chirurgicaux et le gel hydroalcoolique. 

56 millions débloqués par le gouvernement

Pour répondre à cette précarité grandissante, le gouvernement a dévoilé une batterie de mesures jeudi 26 novembre. Quelque 45.000 jeunes supplémentaires recevront une aide d'urgence du Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires), dont le budget va être doublé à hauteur de 56 millions d'euros. Cette décision vise à renforcer les dispositifs déjà mis en place à la rentrée. "Le gouvernement avait instauré le ticket à un euro pour le restaurant universitaire, mais beaucoup sont actuellement bondés ou fermés", déplore le président de la FAGE qui juge ces mesures encore très superficielles. 

Afin d'endiguer la précarité dans la sphère universitaire, Paul Mayaux appelle le gouvernement à entreprendre un chantier plus vaste. "Sur le long terme, on souhaite une réforme structurelle du système de bourse", affirme-t-il, avant de conclure : "Il est urgent de remettre les étudiants sur l'échiquier politique".  

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