Démantèlement de sous-marins : une filière désormais française

Démantèlement de sous-marins : une filière désormais française

Pendant longtemps, nos vieilles frégates et autres porte-avions finissaient dans des chantiers au bout du monde. Mais après plusieurs scandales écologiques, c'est finalement dans un port du Finistère que nos sous-marins sont aujourd'hui démantelés.

Les sous-marins Agosta étaient autrefois le fleuron de la Marine française. Ces lanceurs de torpilles sont désormais des carcasses encombrantes désarmées depuis 20 ans. Démanteler ces monstres marins est un casse-tête. “Ce qu'on a imaginé veille, on ne va pas toujours réussir à réaliser le jour même”. Et pour cause, aucun plan de déconstruction n'a été pensé à l'époque. Les ouvriers travaillent presque à l'aveugle. Chaque geste doit être réfléchi. “Il faut faire attention quand on commence à découper que derrière, il n’y a pas de gaz ni de matières dangereuses”.

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Ces chantiers s'étendent sur plusieurs mois. Ce jour-là, le défi consiste à ouvrir une première brèche dans le sous-marin pour en sortir tous les équipements intérieurs. Les cabinets et la plupart des machines ont déjà été démontées. Des périscopes jusqu'au moindre boulon, toutes les pièces seront bientôt triées puis recyclées. Une démarche nouvelle pour la Marine. Il n'y a pas si longtemps encore, les bateaux en fin de vie étaient coulés au large ou parfois envoyés loin des côtes françaises, à l'image du Clemenceau.

En 2003, le porte-avions a été transféré en Inde pour être désamianté. Les associations montaient au créneau et l’affaire faisait scandale. “Ça a été en tout cas une prise de conscience, ça a permis au ministère des Armées et à la Marine de s'organiser. Plus question de polluer en coulant de vieilles coques, plus question de polluer par des chantiers qui ne seraient pas parfaitement maîtrisés”. Alors ici, on redouble de vigilance. Car sur la carcasse rouillée des Agosta, l'amiante se cache un peu partout.

Dépolluer ces navires est l'étape la plus complexe du chantier. Impossible pour nous d’approcher. “On ne peut pas aller plus loin, c'est strictement interdit. Il est complètement impossible d'aller à l'intérieur sans avoir une formation et un équipement adaptés”. Toutes les ouvertures sont calfeutrées. À l'intérieur, l'opération est risquée ; on démonte les pièces toxiques. Les ouvriers ne peuvent pas y rester plus de 2h. “Il est hors de question pour nous qu’il y ait la moindre fuite sur le bateau, donc un danger quelconque”.

Jour après jour, les colosses sont démembrés. Aujourd'hui, plusieurs dizaines de navires français peuplent les cimetières marins dans l'attente d'être un jour à leur tour démantelés.

TF1 | Reportage P. Geli, J. Denniel

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